Little Bob

8 mars 2012

LA story !

La Story
Little Bob
Denoël X-trême
2010

Avec le film le Havre d'Ari Kaurismaki sorti toute fin 2011, primé par le prix Louis Delluc, Little bob a connu un regain d'intérêt ces derniers mois.
L'occasion de (re) découvrir ce livre passionnant.

Pourquoi LA story ? S'agissant de Little bob, "LB story" aurait été surement plus évident...
Mais notre rocker du Havre préféré a choisi de signifier le côté unique et vrai de son histoire, et a donc intitulé sa biographie LA story. Petit jeu de mot au passage ...

Ce bouquin de 241 pages (plus discographie) paru en Octobre 2010  a été co écrit avec Christian Eudeline, et préfacé par Jean-Bernard Pouy (le Poulpe, grand fan au demeurant), est un super ouvrage rock.

Non seulement il raconte  les pérégrinations d'un des plus anciens rockers 'national", qui joue toujours, et qui a vécu toutes les époque, des années 60 à aujourd'hui, mais il donne à comprendre aussi en parallèle une certaine histoire du rock.
Celle du rock underground français. Comprenez : le vrai, celui qui ne fait jamais (ou si peu) de concessions, tout en parsemant son récit d'explications et de témoignages sur la vie "on the road" d'un groupe de rock.

Nombreux sont en effet les musiciens, producteurs que Little Bob (Roberto Piazza, immigré italien, aujourd'hui 65 ans) a rencontré au fil de sa carrière, et tout ces personnages ou lieux mythiques sont décrits ci, avec moult détails.
Des notes renvoient mêmes en bas de page sur des explications complémentaires, pour les non initiés.

On croisera Les Animals, Little Richard, Pretty things, Mink de Ville, Elliot Murphy, les Dogs, Fixed up, Doctor Feelgood, Duke deluxe, City Kids, et j'en passe...
On ira au Marquee en angleterre, à Madagascar, aux Etats unis...pour finir (there is no end !?...) sur l'expérience du film de Ari Kaurismaki.*

Tout cela est riche et pose LA Story comme un livre essentiel pour mieux comprendre le rock, au sens large, comment il est vécu en direct, et comment la France a pu le vivre jusqu'à aujourd'hui.

L'aspect économique est aussi largement abordé, car Little bob a les pieds sur terre et a géré sa carrière de manière plutôt précise, (aidé en cela par pas mal de monde, dont Mimie, sa femme depuis 2001), donnant au fil de son récit un tas de détail sur les dates de concerts, les coûts des enregistrements, des fabrications de disques, les relations avec le milieu, la presse spécialisée.. etc.

Plus que la story de Little bob, c'est donc la story d'un certain rock, LE ROCK!

(*) Superbe film que tout amateur de cinéma et de rock devrait voir. Little bob y interprète un petit rôle vers la fin, et est filmé avec son groupe en train d'interpréter le titre "Libero".

Video for January : boots electric/ jesse Hughes

5 janv. 2012

Croque macadam et le DIY frenchy POP ! (mais avec fuzz !)

Les Guillotines
7“ L'aube/L'absynthe
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Septembre 2011

Mon Dieu, les Coronados viennent de sortir un nouveau single, et c'est un jeune label de Montrouge qui produit !!
Les deux titres dans une galette de vinyle avec pochette photocopiée verte (en fait vous choisissez votre couleur !)  au design sobre dessiné titre : "L'Absynthe/L'aube" .
Le groupe par contre s'appelle : les Guillotines.

Et oui, ce son, cette voix un peu nonchalante super reconnaissable, ce n'est pas, vous l'aviez sans doute deviné, le groupe culte rock alternatif français du début 80's, mais un autre nouveau et jeune combo bien inspiré de Paris.
Dans un style french garage rock à la lofi prod bien (re) connu, (enfin, une belle guitare reverb et des amplis sûrement d'époque...), Croque Macadam, le label, et Les Guillotines réussissent en beauté leur entrée dans la longue lignée des (petits) labels et groupes DIY français avec ce deux titres.

On peut leur promettre une réussite internationale méritée, mais on sait bien qu'à 500 copies, les productions ne trouveront qu'amateurs acharnés et acheteurs de vinyle.. quoi qu'avec les titres en écoute sur Soundcloud, Bandcamp, et Myspace (j'en oublie peut-être ?) Croque Macadam peut espérer un public bien plus large.
Soyez fans !!

Les Spadassins
A1/ Verrine, tu m'assassines A2/ L'effet que ça fait
 B1/ All your secrets B2/ This heart of stone
Nov 2011
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Alors là, on est dans la Soul et le mouvement Mod à fond.
Je croyais avoir presque tout vu (en combos années 2000) avec la belle surprise des Towerbrown (Grenoble) il ya un an, cf  : http://towerbrown.blogspot.com, mais ce deuxième single des Spadassins, groupe rennais, un peu plus âgé que les Guillotines à première vue, (et donc un peu plus mûr), décoiffe carrément.
Face A : Verrine/L'effet que ça fait : engage comme ce que le meilleur du rock garage frenchy  a pu nous apporter dans la langue de Molière ces 10 dernières années. En ce qui me concerne j'entends un peu ce que j'avais aimé chez les Naast, c'est à dire des textes sympas agrémentés d'un bon son garage folk punk pas heavy. Yep ! Mais vous y mettrez en fait ce que vous voudrez, d'autres références sont bien sûr repérables. Comme les Fleurs de pavot par exemple (psyche french 60's), sur l'humoristique : "Verrine..."
Face B, grosse surprise : (pour moi, ne connaissant pas le groupe avant ce single) ; deux ballades Soul de derrière les fagots chantés en anglais, presque chialants tellement c'est bien fait. Ron Silva n'est pas loin.
Je me dis aussi que j'aimerais bien faire des Spadassins les potes des Deltabonds, ils devraient se plairent ceux-là ! (mais c'est sûrement déjà le cas j'imagine...)
Préférence ceci dit pour le premier titre de la face B : "All your secrets". C'est un cover ou quoi ?? Superbe orgue , belle voix... belles guitares..
Waouh !

Si on jette une oreille aux autres enregistrements du combo, (un autre single chez Tryptic records), et aux vidéos disponible sur le web, on y entendra des choses que l'on aime : gros gros hommage aux classiques mod 60's : Artwoods, Davy Jones, et j'en passe et des meilleures mais aussi comme "Diabolique" aux canadiens des Lutins.. bref, un goût immodéré pour les bonnes choses. Mais ce deuxième single remporte les suffrages, et sa qualité intrinsèque est plus qu'à la hauteur.
Je ne peux personnellement m'empêcher d'avoir une pensée émue pour les Bogeymen, lorsque j'écris cette chronique, eux dont les deux albums avaient provoqués tellement de plaisirs dans les 90's...
... A quand les Spadassins près de chez nous ???

Croque Macadam a aussi sorti un troisième ep ce mois de Décembre, il s'agit des Triptides, un combo américain n'ayant jamais publié à part des k7.

Triptides
Going under
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Dec 2011

Alors là, effet immédiat : on dit oui aux Triptides qui nous rappellent le bon air de Bristol, au temps où le label Sarah Records nous faisait nous précipiter chez notre disquaire pour guetter les singles fait main. Sauf que ce combo constitué de Glenn Brigman : chant, guitare, drum kit, synthés, et Josh Menashe : chant, basse, guitare.. est de l'Indiana (en tous cas ils ont enregistré à Bloomington, aux USA !).
Well, "Going under" est frais, très Pop dans ce qu'il a de plus simple et rafraichissant. C'est cool.
"Outlaw " quant à lui nous propose un style un tout petit peu plus Garage folk, sur quasiment le même rythme, qui nous ramène donc aux USA, mais aurait pu sortir d'une prod des Pastels, pourquoi pas, eux qui aimaient agrémenter certains morceaux de trash sounds...

Bon, la messe est dite.
Croque macadam, a fait un sans faute, et sur trois premières prod, c'est gage de grande maturité.
Mais on s'en doutait un peu, pour peu qu'on fréquente le super blog qu'anime Alexandre, le responsable : Requiem pour un twister.
On y trouve d'ailleurs dans son top 10 de 2011 publié récemment une interview des Triptides :
http://www.requiempouruntwister.com/2011/08/summer-crush-interview-triptides.html

> Pour écouter, acheter, aller plus loin :

http://soundcloud.com/croque-macadam

Le blog officiel : http://www.croquemacadam.com/

http://lesspadassins.bandcamp.com/



November video : Eric Mc Fadden

28 nov. 2011

Love me nots/ So called, Riorges (France) 22/11/2011

A Yiddish Muppet show !
Beau concert avec deux parties très différentes.

So called, en ouverture,  délivre un hip-hop étonnant, matiné de Klezmer, tout en restant assez rock. La chanteuse en backing possède une voix superbe qui n'a dégale que sa discrétion.
Le chanteur organiste, accordéoniste/clown est vraiment leader et descendra même un moment accompagné du clarinetiste dans la foule, façon marigage juif.
Le guitariste (le plus ancien) assez discret, délivre un jeu plutôt jazzy, tandis que le bassiste bien planté sur ses jambes rythme parfaitement l'ensemble, nous egayant même à un moment d'un bon solo appuyé.
L'un dans l'autre, avec le nombre de personnes sur scène et cette judaité complètement revendiquée, j'ai pensé un moment aux Blues projects et aux nombreux groupes américians de talent de cette comnunauté.
Belle découverte.


Les Love me nots, après un changement de plateau d'une vingtaine de minutes prennent d'assaut la scène. Leur chanteuse, Nicole Laurenne, petite (mais belle) brune drive complètement ce groupe de Phoenix (USA), nouvelle coqueluche du style Garage rock actuel. Sa voix ne laisse pas indifférent.

Au niveau son et énergie, on est complètement dans ce que les 80's ont pu nous offrir de mieux dans le genre (Chesterfield Kings, Fuzztones, Unclaimed...) et on pensera à toute cette scène revival, US, nordique ou européenne, qui connait donc un renouveau en ce moment apparemment, vu leur succès. (déjà 4 albums bien notés, dont des parutions ainsi qu'une tournée française.)
Ci dessous pochettes US vinyle et française CD du dernier album.


 


Nicole "Crazy" legs
Ce qui caractérise cependant les Love me nots, en dehors d'un son très Fuzztonien, c'est une utilisation continue du Farfiza, plutôt bien maîtrisé par Nicole Laurenne, qui en profite pour divertir la foule avec un jeu de scène dynamique, et des textes visiblement un peu fouillés, où l'on distingue assez clairement des thématiques moins adolescentes et restreintes que les comptines basiques Garage habituelles. C'est assez rare pour être remarqué.

Le guitariste, Michael Johnny Walker, originaire des groupes Orphans et Piersons est le plus âgé semble t-il, délivre un jeu garage punk efficace, sans fiorture sur sa Gibson. Look GI avec cheveux hyper courts, j'ai cru reconnaître un instant le chanteur des Royal Pendletons...
Sophiiiie "Oooh !"

Lors de cette tournée française, on a cependant eu aussi le privilège de pouvoir découvrir la nouvelle bassiste Sophie O, récemment incorporée (en Juillet) lors du Free wheels festival.
Une superbe demoiselle de dix-huit ans, fan du groupe et elle-même musicienne enregistrée par Jim Diamond, qui maîtrise autant la séduction (scènique) que son jeu de basse.
Elle a participé à des backing vocals sur le dernier album "Demon and the devotee" et chante ce soir un titre complet. (voir extrait ci-dessous) Sa voix chaude est très étrange, mais intéressante.

Les Love me nots méritent d'être vus. Leur Rock garage est plus marqué 60's et 80's que heavy (cf. "The girl light's up"*, qui rappelle vraiment les Brood et des thèmes folk punk californien 60's), comme cela a été beaucoup la mode dans ce genre ces dernières années, et l'interprétation réussie qu'ils en font, tout comme la fait qu'ils tiennent de plus la scène en énergie durant tout le temps imparti, avec beaucoup de professionnalisme, sans se prendre la tête, explique certainement leur réussite.. Chapeau !

Listen to : "Total control", sung by Sophie (Live)




(*) "The girl's light up" est disponible sur la compilation "Songs the hideout taught us" sortie en Mai 2011, via le site Garage punk hideout : http://garagepunk.ning.com/page/songs-the-hideout-taught-us

Les disques des Love me nots en France sur
Bad reputation.


© Photos live : Hectorvadair/Action time (CC)