S'ils n'avaient pas été programmés aux MGM hier au soir, peut-être n'aurais je entendu parler de ce combo garage rock que bien plus tard ? A moins que les potes les ayant découvert au Cosmic Trip festival de Bourges cette année aient fini par me cracher le morceau. (Je sais, je n'ai qu'à y aller aussi !).
Toujours est-il que la formule trio chant guitare, basse, batterie, agrémentée de chœurs féminins ET du tambourin, fonctionne à merveille, dans un style et un son - réglé hier au soir assez grave - que l'on devine sorti tout droit de 1979. Rythmes rapides, riffs Rhythm'n'blues punk à la Pub Rock, voir Glam, et énergie, rendant justice aux aînés Flamin'Groovies époque PowerPop, et encore plus Doctor Feelgood. D'ailleurs, le look de Sam, le frontman, soigné, ainsi que son jeu de scène, ne trompent pas et convoquent Wilko Johnson, le gratteux tout en électricité des Feelgood, sans hésitation aucune.
Que des compos, un titre en Suisse allemand, et un bon feeling ont conquis les amateurs venus à la Bambuche de la mère Noël. Un mini lp, un 25 cm et un nouvel album paru en 2024 sur le label Voodoo Rythm de Révérend Beatman constituent la discographie réussie de ce groupe suisse efficace, monté il y a déjà 17 ans, en parallèle des Jackets, autre trio garage suisse où Sam officie à la basse. L'autre partie du groupe provenant des Dead Bunny et Lovers.
Top.
En seconde partie de soirée, après une attente jugée trop longue (...), les ShiShis, trio lituanien, nous a emporté dans des effluves eighties aussi, venant de leur côté tout droit de groupes prog New Wave de type Au Pairs. Cool.
Deux soirées exceptionnelles, deux groupes Locaux ayant écrit un
chapitre particuler de l'histoire du #RockaRoanne. Pour les Chénopodes,
tout a commencé avec des effluves sixties psyché blues en 2010, lorsque
le rock lorgnant vers le British blues et San francisco des
Smokin'lokomotiv crachait ses premières fumées aux Mardis du grand
marais, lors de la soirée anniversaire de la revue la Muse. Un
univers
déjà bien calé autour du chanteur guitariste Florian Mure, aux côtés
duquel allait entre autre s'attacher Hugo Vial, guitariste qui
transitera
par d'autres formations, dont certaines jazz, avant de revenir auprès
de Florian. Aujourd'hui, les Chenopodes ont trouvé avec ces deux potes
et leurs autres collègues musiciens un équilibre parfait en revisitant
le son des orchestres sixties Bamakois. Deux guitares, une basse, une
batterie et un percussionniste assurent la partie instrumentale groovy,
tandis que Florian ou Hugo dégainent des chants engagés mais
écologiques,
en français. Formule originale gagnante, dans l'esprit des savoyards Les
Pitons de la fournaise, pour un groupe ayant déjà bien écumé le
département et les environs depuis deux ans.
Tesche,
quant à eux, sont cinq potes de Coutouvre ayant marqué localement la
scène bourgeonnante du début des 90's, avant de péricliter, comme
beaucoup à l'époque, au profit de l'engagement professionnel un peu
moins Rock'n'roll. Cela dit, les amateurs de concert rock du roannais
connaissent bien Pierrot (Pierre Yves Beluze), habituellement chargé du
son derrière sa console, mais que l'on retrouve ici dans sa peau de
guitariste.
Il y a deux ans que ces potes-là se sont
retrouvés afin de remettre le couvert, et deux concerts à l'occasion
d'anniversaires privés leur ont donné le goût d'aller plus loin. De
nombreuses répétitions plus tard et voilà la formation prête à en
découdre, Jean-Marie au chant, éructant de bons textes en français, sur
un rock nerveux à trois guitares, imprégné de sonorités mélodiques
distordues et de solos, rappelant la Noise des années quatre-vingt dix
donc. Même si ce set actuel est court de 35 minutes, Tesche a su se montrer
impressionnant d'engagement scénique, de rigueur et de
professionnalisme, avant les très bons Cafard palace, dont on ne présente plus le garage nerveux à deux voix. Un beau cadeau, et un bel essai, qui sera transformé
prochainement normalement avec l'enregistrement d'un album. 🤟
Thomas Mascaro à la Base* samedi 6 septembre, pour la dernière de
la
saison, c’était top.
Seul derrière un
kit batterie, armé d’une guitare, de samples et de sons synthés
pré enregistrés, l’artiste Rhône alpin, moitié du duo Cafard
Palace, éructant depuis 2022 leur garage rock sentant bon les
années
quatre-vingt, a installé son set avec force et aisance. Lui,
« projectionniste le jour, musicien la nuit », déroule
ses contines pleine de sens et son son - devant autant à Bashung,
Taxi Girl qu’aux Gories, Cramps, voire aux sixties punk bands
originaux - depuis 2012, même s'il s'autorise des moments pop tranquilles bienvenus.
Rare de trouver autant d’énergie, de
bonnes mélodies et de textes intéressants (en français, s’il vous
plaît!), sous la plume d’un seul garçon. Formule gagnante en tous
cas, qu’on vous invite à réécouter sur CD, puisque l’animal a
déjà une discographie bien fournie. Son dernier EP : Mille
dieux, paru en juin, contient six titres, et tous sont
bons. On
va dire, sans fioriture, que Thomas assure tranquille la relève
garage rock nationale à lui tout seul, et ça, ça n’est pas rien. (1) Il fera, avec son pote Arthur Parmentier de Cafard Palace, la
première partie des Liminanas au Fil de Saint-Etienne le 6
novembre,
et on est certain que beaucoup vont ne pas regretter. Les roannais
le
reverront eux à la Halle Hybride en sortie de résidence le mardi 7
octobre. Et qui sait, ensuite à l’Eclipse ?
(*) La Base, c'est LE lieu alternatif mettant le fleuve Loire en valeur à Roanne, et surtout celui où la liberté se fait le plus sentir. Concerts, projections, djs, expositions.. le tout dans un cadre champêtre en plein air. L'été seulement. Merci à toute l'équipe de bénévoles pour ces bons moments.
On a parlé récemment sur les réseaux de la part active qu’à repris la programmation culturelle associative locale à Roanne depuis un an. Il fut en effet un temps pas si lointain (encore en 2023), où l’on devait presque se contenter des Mardis du Grand Marais à Riorges pour espérer voir des groupes dignes d’intérêt, au delà de quelques programmations obscures et amatrices de ci de là, dans des lieux ou fêtes privés. (Concernant tout du moins le Rock).
Depuis 2024 donc, au moins trois lieux se partagent, pour le meilleur, les mélopées et décibels, voire plus si affinité. Ces lieux ont pour noms :
Le Local : club de biker, au Coteau, en bord de Loire, côté gauche après le pont. Programmation les vendredis soirs punk rock, Trash, blues rock et garage. Déconseillé aux âmes ou oreilles sensibles.
La Halle Hybride : juste après le Local. Tiers lieu se cherchant encore un peu, mais très sympathique et cosi, proposant soirées DJ, musiques de tous poils, spectacles d’humour ou théâtre d’impro. Top.
L’Eclipse : bar à côté du cinéma le Grand Palais, sur la grande esplanade, avec une programmation régulière et plutôt axée Blues, Pop Rock garage et punk. Souvent gratuit et chaude ambiance.
Mais au-delà de ces trois lieux « centraux » désormais, restent des festivals ou programmations dans d’autres endroits, par des associations qui ne sont pas nées de la dernière pluie et réservant là aussi bien des surprises. Telles celles de Papillon bleu (au TMR la plupart du temps), de ACMM avec son festival Blues à la salle Fontalon depuis une poignée d’années, et de Canal Jazz, dont on a pu goûter une édition « nouvelle forme » particulièrement alléchante la semaine du 12 avril. Ayant assisté avec grand plaisir à la soirée de clôture ayant eu lieu au Diapason samedi 12, un retour semblait important à écrire.
Le Diapason n’est pas un lieu très connu des roannais. Excentré en haut du faubourg Clermont, il est davantage utilisé par les associations locales socio culturelles et le centre social, pour l’accueil et l’aide aux devoirs en soirée ou l’utilisation d’un mini studio d’enregistrement. Tandis qu’une vingtaine de groupes locaux utilisent les locaux de répétition le jouxtant. Ceci explique peut-être en partie le peu de monde (80 personnes environ) lors de cette soirée mettant deux formations de haute qualité Jazz en lumière : Pierre Tereygeol et Guillaume Latil, ainsi que Le Magic Malik Jazz Association.
Le premier est un guitariste plutôt classique, portant haut sa guitare, et sortant avec une grande dextérité des sonorités cristallines. Il accompagne son jeu d’une voix souvent haute, étonnante, pour un répertoire riche et déroutant, un peu improvisé ce soir-là, car accompagné du violoncelliste Guillaume Latil, avec lequel il ne partage pas spécifiquement de discographie. Un moment d’une grande finesse et d’une grande poésié, envoûtant.
En seconde partie : Magik Malik Jazz Association, ou comment découvrir le répertoire Hard Bop et Free des années soixante, par le biais de ses plus grands compositeurs (Archie Sepp, Wayne Shorter, Gordon Jenkins, John Coltrane, Eric Dolpy…) et avec la classe et le jeu improbablement perché de Magic Malik. Ce flûtiste ayant déjà des dizaines de disques à son actif et une carrière longue de 36 ans, débutée avec le groupe Human Spirit, a démontré son amour du jazz et de la flûte, car en le domaine, peu doivent avoir atteint ce niveau.
Technicité irréprochable, jeu habité époustouflant, (l’artiste s’offre même le luxe de chanter en même temps dans son instrument !), chaleur et passion, et un groupe piano, batterie, basse, trompette, au top. Leur second disque sous ce nom s’appelle « (le baiser salé) Live » et date de 2024. Largement recommandé bien évidemment.
Si l’association Canal Jazz a le mérite d’avoir organisé ce festival « Jazz en avril » avec des têtes d’affiche pour les deux soirées du weekend, en plus de soirées bars dans la semaine, dont une à l’Eclipse avec le trio UVF (François Forestier, Raphaël Vallade, et Yannick Urbani), il est clair que ce genre d’événement et d’affiche reste à défendre, tant le Jazz n’est pas une musique très connue ni bien comprise sous nos latitudes. L’envie et la passion portent néanmoins l’association, qui gagne de nouveaux adhérents, et il est fort à parier qu’avec un réseau de diffusion augmenté en communication et un peu plus de bouche à oreille, elle gagnera en notoriété. C’est tout ce qu’on lui souhaite.
Toutes photos, sons et vidéos : CC Hectorvadair/Action-time, et les auteurs, compositeurs et interprètes bien évidemment des morceaux.
Hier au soir avait lieu un évènement à la salle Pierre Hénon de Mably, ex "boulodrome des Arct", qui a déjà vu passer un certain nombre de concerts rock et Reggae depuis le début des années 80. Événement parce qu'il s'agissait de la soirée gratuite "d'inauguration " d'une nouvelle structure de production roannaise : WhatsUp. Créée par Vincent Papon Libéral, je ne reviendrai pas dessus, car le Pays roannais lui a consacré le 02 mai un article. Si on applaudira des deux mains cette initiative associative, permettant de faire bouger les lignes roannaise Rock, dont on connait le besoin criant, je m'attarderai plutôt sur le déroulé de la soirée, en délivrant ici le plus humblement possible mon ressenti en tant que spectateur.
Arrivé vers 20h30, je n'ai pu qu'entendre les dernières (belles) notes de Lucy, chanteuse compositrice guitariste, gagnante en 2023 du tremplin Roanne jeunes talents, catégorie chant 16-25 ans, qui ouvrait la soirée, à 20h donc. Son set acoustique s'est conclu par un texte revendicatif sur la condition féminine, qui a donné le ton de la soirée : engagée !
David "blues" Thomas, dans sa formule solo bien rodée depuis une dizaine d'années maintenant, sous l'appellation Juke Joint Man,
a délivré un set acoustique blues des plus réussi. Seul au chant, à
l'harmonica, à la guitare et aux pédales (caisse en bois et tambourin)
il revisite le Blues Folk du Delta, avec un répertoire de spécialiste
assez rare, et très bien interprété à la guitare Dobro (ou pas
d'ailleurs) et au Bottleneck.
L'occasion aussi de versions géniales de classiques tels Voodoo Child,
ou Highway To Hell, en acoustique, si "Roots" qu'on en frémit de
plaisir.
A suivi le trio ICE Room, que je ne me souvenais pas avoir encore vu en live. Si le groupe, décrit comme "Punk Grunge" a apparemment débuté en 2014, et bien qu'ils aient bénéficié du dispositif Zikonord local en 2016, leur formule semble avoir vraiment percuté le public roannais depuis 2022 et la parution de leur premier ep (ci à droite). J'ai apprécié le son de guitare de Jérémy, le chanteur, et ses mélodies puissantes, mais ai été dérangé par un son plutôt mal réglé à mon goût de la batterie, et un manque de fluidité, tout comme un chant en français assez peu compréhensible. Légère déception. Il m'a semblé aussi qu'un deuxième guitariste apporterait sans doute beaucoup à la formation. Sans doute leur deuxcième Ep à paraitre le 17 mai fera mentir cette appréciation d'un soir.
21 grammes de Saint-Etienne a ensuite enflammé la salle, avec un punk rock très mélodieux chanté en français, cette fois avec un son très bien réglé, et deux guitares tonitruantes. La petite ressemblance entre le chanteur et Manu Chao n'était pas pour me déplaire, vu l'engagement alternatif et festif de ce dernier. Mention spéciale au batteur et au bassiste, très bons aussi. Un groupe carré, ne se prenant néanmoins pas la tête. Les stéphanois on fait carton plein sans jouer à domicile.
Ketane était la tête d'affiche de la soirée (et partie intégrante à l'origine de l'association) et pour ne les avoir encore jamais vu (oui, je sais...) malgré leurs plus de dix ans de carrière au compteur, j'ai assez vite compris mon erreur. "Chanter l'amour la joie la liberté", tel qu'écrit dans le flyer et l'article de la soirée m'évoquait d'avantage un feu de camp de colonie qu'un concert Rock, mais je dois avouer que Kevin, le chanteur, petit bonhomme hirsute barbu, dégage avec sa guitare et sa voix presqu'enfantine un tel mix de naïveté et d'assurance à la fois que cela en est déstabilisant et...charmant, pour ne pas dire bluffant. Textes engagés hyper positifs, reprises de classiques folk variétés français inattendus "Sur la colline" de Joe Dassin, la chanson de Mandrin (sauf erreur)...un style se référant implicitement à des groupes tels Kyo ou Matmatah. Le tout boosté par un son puissant mais bien réglé laissant entendre les textes. On aurait aimé néanmoins une guitare solo un peu plus présente dans les enceintes. Une set agréable et maîtrisé.
La soirée se clôturait avec des mix assurés par le trio CtKC. Une première plutôt réussie, avec une salle en version debout quasi comble au plus fort de la soirée. Espérons que cela augure de beaux lendemains pour la scène roannaise, décidément en verve lorsqu'on lui en donne les moyens.
Dimanche les Rabeats jouaient au Scarabée à Riorges (quel clin d’œil), dans le cadre de leur tournée d'adieu, après vingt ans de bons et loyaux concerts, "au service de sa majesté" serait-on tenté de dire, alors que dans l'absolu, c'est plutôt en hommage aux Beatles bien sûr. Les fans du groupe (il y en a ! Je réalise moi-même que, sans m'en rendre compte, je les ai vu trois fois, dont une à Toreilles (66), il y a environ douze ans, et une à Roanne déjà, en...1999 ?, à l'Espace Renoir !). Et oui, avant que la grande salle ne reprenne du service de grand écran. Qui s'en souvient !? ...A moins que ça n'ait été un autre Tribute Band Beatles ? Ils avaient leurs uniformes de Sergeant Peppers je me rappelle.
Ce soir, le concert débute à l'heure, avec une scène étriquée, un décor de Cavern club et une toute petite batterie (un jouet presque) et aucun instrument sur scène. On se doute de quelque chose... Les quatre membres du groupe démarrent avec I Saw Her standing There, un de leurs premiers succès bien Rythm'n'Blues, et le batteur tape debout sur son petit instrument, tandis que les guitaristes semblent ne pas avoir d'amplificateurs. Encore un autre morceau du même tonneau et de leur débuts, puis ils se...retirent, les lumière s'éteignant. Sentiment d'étonnement et de frustration général, d'autant plus que le son était un peu chiche, mais... C'était bien sûr une "Mise en bouche". Les lumières se rallument le "faux fond décor" se soulève, et là, une scène plus profonde apparaît, avec un grand rideau plissé en fond, et surtout, les amplis bien présents ainsi qu'une estrade rehaussée avec un kit de batterie complet. Et nos quatre garçons en costume noir et boots déroulent I Want to Hold Your Hand, avec gros son.
Suivront : Can't
Buy me love, She loves You, Help, Please please me, Michelle...une sorte
de top de la première période. Et on est heureux. Le groupe communique
pas mal et demande souvent au public de se lever et de chanter et
celui-ci répond présent. Un entracte de vingt minutes et proposé puis
revenant avec des costumes gris, ceux-ci vont présenter des morceaux
plus lourds, mix entre la période de fin et la psychédélique. A Day
in tbe Life (quel pied !) Il faut rappeler que ce genre de morceau
composé pour l'album Sergent Peppers n'a jamais été interprété en
concert par le groupe original !! Back in the Ussr, Octopus Garden,
Let it Be, Day Tripper, Hey Jude s'enchainent...Et le public d'être enchanté et
d'être pris à parti sur ce dernier pour une version de plus de dix
minutes, co chantée en chœur.
Puis le groupe se retire à nouveau, sous les claps rythmés de mains de la salle, tandis qu'un film d'animation original, mettant nos compères en scène dans des décors sixties façon Flying Circus et sur une musique bien psyché avec Cythare passent en fond de scène, jusqu'à reproduire leur arrivée sur le toit des studios Apple, où ils s'installent pour de vrai et débutent la playlist jouée lors du dernier concert du groupe de Liverpool. One After 909, Dont Let me Down, Get Back, Helter Skekter, Twist and Shout... Enfin, le temps des adieux se fait sentir, et là, le premier rappel percute comme un fouet, puisque c'est un cadeau qui nous offert avec l'interprétation live du dernier single posthume des Beatles paru cette année 2023 : Now and Then : ballade émouvante écrite par John Lennon à l'époque et produite en studio grâce à la magie de la technologie et de Paul et Ringo. Le show se terminera, si mes souvenirs sont bons, avec une version d'All You need Is Love qui va aussi durer plus de dix minutes, le batteur descendant avec une grosse caisse en bandoulière et exhortant le public à chanter. Les paroles se terminant par les "She Loves You yeah yeah yeah" de rigueur... Le groupe salue, et se retire définitivement, sous les applaudissements d'un public roannais semble t-il ravit. Niveau critique, car il y en a : je trouve le début un peu casse gueule, bien que téméraire, et qui aurait nécessité un peu plus d'engagement Rock'n'roll de la part du groupe. Et le son ensuite, de manière générale : un peu étouffé, avec une guitare solo qui aurait mérité, surtout sur la première partie, davantage de présence. D'ailleurs de manière générale, si le batteur n'était pas là pour "faire le show", tout cela manquerait singulierement d'entrain. On note quelques petites faussetés dans le chant parfois, voire certains accords de guitare, (Michelle, entre autre), mais sinon, franchement, le job a été fait. Vingt ans de carrière et... l'heure d'une retraite bien méritée ! Bonne fin de tournée les Rabeats, et merci !
Hier au soir, belle soirée Blues Rock and funk aux MGM, en partenariat avec le Roanne Blues festival ; première pour Patrick Vidil, son président (ci-dessus), heureux de pouvoir compter sur un lieu bien connu, fréquenté et efficace, pour annoncer en avant première la prochaine édition de ce qu'il faut bien convenir d'appeler désormais : un évènement musical incontournable du Roannais.
En "apéritif", à la place des DJs habituels : The Juke Joint Man. David Thomas, bien connu des habitants de l'agglomération et musicien pratiquant depuis le début des années 80 dans diverses formations, joue seul depuis maintenant une petite dizaine d'années, dans la grande tradition des chanteurs guitaristes du delta. Dobro, harmonica, voix rocailleuse et les deux pieds aux "manettes" d'une caisse en bois et d'un tambourin, gère son show et surtout les bonnes vibrations. Pas de fausses notes pour des classiques de blues Swampy à souhait interprétés avec toute la révérence, le feeling et la passion que cela nécessite.
En ouverture sur la grande scène, à ma surprise : Lakeetra Knowles & Music Train. Ce combo americano italien de blues-Funk (la chanteuse vient d'Arkansas) constitué du classique basse guitare, batterie, piano électrique, délivre un répertoire carré et bien joué. Le guitariste très doué a ouvert le set avec un titre chanté par ses soins, étonnant par la qualité de son interprétation. Ensuite, le répertoire, constitué de compositions et d'une paire de reprises (le fameux It Ain't Easy de Bowie, entre autre, très TinaTurnerien pour le coup, sûrement un des clous de la soirée), oscilla entre show agréable à l'américaine, comme souvent dans ce genre de formation, et rares moments un peu plus intimistes. Tout cela manquait néanmoins quelque peu de frissons en direction du public, le jeu de scène minimal de la leadeur n'étant de plus pas des plus entrainant. Les amateurs de Soul-Funk retiendront surtout un organiste au son 60's-70's particulièrement charmeur et une certaine fraîcheur.
Après un changement de plateau rapide, le local de la soirée : Pacôme Rotondo - dont le premier album auto produit "World of Confusion" enregistré sur la côte Roannaise par Pascal Coquart vient de paraitre - monte sur scène accompagné par deux amis nancéens : à la basse Nathan Bechet et à la batterie Sacha Fuhrmann. Avec son trio, Pacôme, à la voix caverneuse d'un homme de soixante ans, (il n'en a que vingt-deux) et sapé à la mode des années avant-guerre américaines, typique du sud, va dès le premier morceau mélancolique à la Dobro embarquer le public, venu essentiellement pour lui, semble t'il et resté assez nombreux à ce moment-là. Le réel talent de ce jeune homme, en dehors de son chant très original et peu commun, et sa dextérité à la guitare indiscutable, réside dans le fait qu'il ne se contente pas d'un genre en particulier - celui très marqué par Rory Gallagher et Johnny Winter entre autre - mais que sa formation musicale et sa passion l'amènent à mixer techniques et sensations, donc différents genres. Pour cela il utilise environ quatre guitares. Passant du Blues Folk ou de la ballade acoustique à des blues rock plus ou moins énergiques, il arrive aussi à retranscrire ses influences plus Hard et Métal dans son répertoire, l'air de rien. Si on a tous été scotché entre autre par sa reprise du Mistreated de Deep Purple (1974), Red House de Jimi Hendrix était aussi magistralement interprété (Foxy Lady sera joué à la toute fin). Le plus étonnant résidant sans doute dans des compositions de grande qualité. "I'm a Liar, Love Means Life, All My Mistakes..." Les deux autres collègues le soutenant impeccablement. Il soufflait un air de vrai amour du blues (A Love of Confusion !?) ce soir-là grâce à cette passion bien retranscrite. Bravo. Ne changez rien les gars !