31 oct. 2024

Seb and the Rhââ dix, 1977

J'ai du découvrir l'existence de cet iconoclaste Lyonnais seulement fin 2022 à l'occasion d'une info d'un concert où il se produisait sur Lyon avec d'autres "punks" du coin que je suivais, genre Horsebites ou quelque chose comme ça. Et j'ai gratté pour en savoir plus, atterrissant sur son Bandcamp et réalisant qu'il y avait déjà du "passif" depuis 2011. Dur...
 
Bref, pour faire rapide, disons que cet album est le troisième de cette formation où Seb officie de toute façon en Self Made Man, accompagné ici tout de même d'une batterie, d'un saxophone à l'occasion d'un morceau tirant légèrement vers le Free Jazz, et surtout les voix d'invités prestigieux.
Seb Radix écrit de bons textes, balance de la bonne guitare cool ou bien électrisée, une bonne basse vrombissante à l'occasion (surtout sur la face A), et lorsqu'il ne tape pas à la machine à écrire en expliquant pourquoi il chante en français à ses auditeurs, il vocalise plutôt bien, sur des textes à l'humour potache non dénué de poésie, faisant parfois référence à un autre trublion (des années cinquante) : Boris Vian. D'ailleurs, c'est peut-être pour cela que dans "Cactus fleuri" (quel titre vianesque), il parle des Andes !? Bref, en nous cueillant dès l'ouverture de l'album (et du lp en l'occurrence, à la production nickelle, chaude et pêchue, oeuvre de Bruno Germain, studio de St Maximin (38)), avec un bon morceau Punk Pop, chanté par Andy Kerr, (No Means No), il gagne le combat, enchaînant avec une petite pop song rapide et pleine de fraîcheur : la mémoire sélective", en français. Les trois autres morceaux finissent de nous emballer, interlude sonores et instrumentaux compris. Oui, les textes et la poésie de Seb rappellent Boris Vian, et de manière plus contemporaine : le montbrisonnais Michael Furnon ("Voyage"). Ashtray ramène du Punk façon Père Ubu ou Wedding Present, avec ce tempo et ce son bien gonzo, et cette voix de Mike Watt pouvant un peu rappeler celle de David Gedge.
La face B débute (après la machine à écrire) sur un bon Indie 90's : People, façon, là encore, Wedding Present, chanté par John No, tube qu'on se repassera encore et encore. Guitare électro acoustique, sifflet, et déclaration poétique bucolique suivent et enchainent avec un "M&M s & MST bien Métal urbain meets Marie et les garçons avant que la seconde face ne se termine par trois titres en français, parfois saturés d'électricité, et une petite blagounette sonore en Lock Groove.

Que dire, si ce n'est que
1977 est le genre de disque qu'il faut avoir dans sa discothèque Rock !? C'est bon et intelligent, et en plus, tout y est soigné, pochette intérieure et extérieure comprises.
Rien à jeter !
 
 
Seb and the Rhââ dix : 1977 (Musique rasoire 2023)

11 août 2024

#2 : REM Murmur, 1983

 


 
Je ne sais plus comment j'ai écouté pour la première fois ce groupe d'Athens, Georgie USA, mais sans doute aucun dans la chambre de mon frère ainé, qui lisait les fanzines Rock qu'il fallait en ce début des années 80, en plus de la presse spécialisée. Toujours est-il que le combo de Michael Stipes n'était pas encore le groupe bankable et populaire qu'il est devenu après son passage à Nulle part ailleurs et le titre "Losing my ..." tiré de son septième album "Out of Time" de 1991 passant à fond sur les radios. Avec "Murmure", vers 1984, puis le mini lp précédent Chronic Town et sa splendide pochette à la gargouille (acquis quelques mois après en EO avec son label reproduisant la pochette - un graal), la claque a été grosse, et les titres mélodieux de la plupart des albums suivant durant dix ans se sont insérés profondément dans les oreilles des suiveurs. D'ailleurs, partageant ce coup de coeur avec un copain guitariste rencontré en 1989, c'est ce qui nous a fait choisir le nom de notre groupe : West of the Fields. Ah oui, j'ai une autre histoire assez bizarre concernant le groupe aussi. C'était en 1987, je passais cet été là à Saint Gervais la partie spécialisation "Moyenne montagne" de mon BAFA, et nous avions passé, notre guide, les autres stagiaires et moi, la journée à grimper au dessus d'un glacier pour une rando, crampons aux pieds (c'était avant que la mer de glace ne fonde complètement). Or, en soirée, amorçant notre descente vers les paturages, nous avions prévu de dormir dans un refuge. En arrivant vers la cabane, une radio était allumée, et la chanson "It's the End of the World" du groupe passait. Un truc de dingue, qui m'a marqué. J'ai toujours le 45 tours de ce super titre.
...Il y aurait d'autres anecdotes, mais c'est déjà tout une histoire.
Quant aux REM, ils sont devenus des stars.
 
 

#1 Stray cats : Gonna Ball, 1981

Repost de petites chroniques autobiographiques originellement publiées sur mon compte Facebook en 2024, à l'invitation de Phil Sharks s'étant lui-même prêté à l'exercice. Une sélection basée sur des disques ayant jalonnés une partie de ma vie, et me définissant donc quelque peu. Decouvertes adolescentes, grands classiques, trucs spécialisés moins connus...j'ai essayé d'être le plus personnel, en évitant si possible trop de redite avec mon ami roanno-stephanois, avec lequel je partage pas mal de goûts. Enjoy ! 

Ps : Une page spécifique a été créée sur mon blog, permettant de rediriger éventuellement les âmes perdues aterrissant ici par hasard. 

#1 : Stray Cats Gonna Ball, 1981 (et 1er lp, même année)



J'ai été ouvert à ce groupe de Rockabilly l'année de la sortie de cet album, ou peut-être un an après, et j'ai reçu une grosse claque.

Mes souvenirs sont un peu flous, nous étions en train d'emménager notre maison toute neuve à Riorges ma famille et moi et je peux imaginer que ce second album "anglais" (le groupe est Americain mais a vu ses deux premiers opus enregistrés en Albion la même année) a été acheté avant le premier album, acquis dans un second temps dans la boutique France loisir de Roanne qui le proposait. Ces deux lps ont été cela dit usés jusqu'à la corde ; j'ai acheté plein de posters du groupe qui ont orné ma chambre d'ado, et le groupe m'a introduit au Rockabilly et entre autre à Eddie Cochran, voix royale pour tout le Rock'n'roll fifties. Je ne les ai jamais vu en concert, mais peut-être est-ce encore possible !? Même si ce second à un je ne sais quoi de saveur mélodique et dynamique supplémentaire, tandis que le précédent est plus roots et wild, ces deux albums sont des Must have.

Concernant le premier, il est à noter aussi que c'est l'un des rares groupes de cette période années quatre-vingt, surtout pour un trio de ce style, où l'on voit les membres poser dans un vrai garage. Une pochette à la photographie et au style incroyables, qui m'a fascinée, ouvrant sans doute la voie à tout le reste ensuite.

Autre anecdote : à l'époque de cette première passion musicale, on trouvait le logo du trio un peu de partout sur les revues, et si j'avais opté pour unn tatouage, qui commencait tout juste à devenir à la mode, j'aurais opté pour ce chat de gouttière à la banane.

*Ah oui, une dernière chose : ma copie du premier album possède un "label", c'est à dire le rond central du disque, au papier bouffant, ce qui m'a toujours étonné. Une erreur de fabrication ? une idée géniale ? Cette pin up blonde en robe fifties assise par terre en était que plus afriolante. (La photo dessous ne montre pas cet effet, car prise sur Discogs).



 


5 mai 2024

What's Up s'envole à Mably !

Hier au soir avait lieu un évènement à la salle Pierre Hénon de Mably, ex "boulodrome des Arct", qui a déjà vu passer un certain nombre de concerts rock et Reggae depuis le début des années 80. Événement parce qu'il s'agissait de la soirée gratuite "d'inauguration " d'une nouvelle structure de production roannaise : WhatsUp. Créée par Vincent Papon Libéral, je ne reviendrai pas dessus, car le Pays roannais lui a consacré le 02 mai un article. Si on applaudira des deux mains cette initiative associative, permettant de faire bouger les lignes roannaise Rock, dont on connait le besoin criant, je m'attarderai plutôt sur le déroulé de la soirée, en délivrant ici le plus humblement possible mon ressenti en tant que spectateur.


Arrivé vers 20h30, je n'ai pu qu'entendre les dernières (belles) notes de Lucy, chanteuse compositrice guitariste, gagnante en 2023 du tremplin Roanne jeunes talents, catégorie chant 16-25 ans, qui ouvrait la soirée, à 20h donc. Son set acoustique s'est conclu par un texte revendicatif sur la condition féminine, qui a donné le ton de la soirée : engagée ! 

David "blues" Thomas, dans sa formule solo bien rodée depuis une dizaine d'années maintenant, sous l'appellation Juke Joint Man, a délivré un set acoustique blues des plus réussi. Seul au chant, à l'harmonica, à la guitare et aux pédales (caisse en bois et tambourin) il revisite le Blues Folk du Delta, avec un répertoire de spécialiste assez rare, et très bien interprété à la guitare Dobro (ou pas d'ailleurs) et au Bottleneck. L'occasion aussi de versions géniales de classiques tels Voodoo Child, ou Highway To Hell, en acoustique, si "Roots" qu'on en frémit de plaisir. 


A suivi le trio ICE Room, que je ne me souvenais pas avoir encore vu en live. Si le groupe, décrit comme "Punk Grunge" a apparemment débuté en 2014, et bien qu'ils aient bénéficié du dispositif Zikonord local en 2016, leur formule semble avoir vraiment percuté le public roannais depuis 2022 et la parution de leur premier ep (ci à droite). J'ai apprécié le son de guitare de Jérémy, le chanteur, et ses mélodies puissantes, mais ai été dérangé par un son plutôt mal réglé à mon goût de la batterie, et un manque de fluidité, tout comme un chant en français assez peu compréhensible. Légère déception. Il m'a semblé aussi qu'un deuxième guitariste apporterait sans doute beaucoup à la formation. Sans doute leur deuxcième Ep à paraitre le 17 mai fera mentir cette appréciation d'un soir.

21 grammes de Saint-Etienne a ensuite enflammé la salle, avec un punk rock très mélodieux chanté en français, cette fois avec un son très bien réglé, et deux guitares tonitruantes. La petite ressemblance entre le chanteur et Manu Chao n'était pas pour me déplaire, vu l'engagement alternatif et festif de ce dernier. Mention spéciale au batteur et au bassiste, très bons aussi. Un groupe carré, ne se prenant néanmoins pas la tête. Les stéphanois on fait carton plein sans jouer à domicile.

   

Ketane était la tête d'affiche de la soirée (et partie intégrante à l'origine de l'association) et pour ne les avoir encore jamais vu (oui, je sais...) malgré leurs plus de dix ans de carrière au compteur, j'ai assez vite compris mon erreur.
"Chanter l'amour la joie la liberté", tel qu'écrit dans le flyer et l'article de la soirée m'évoquait d'avantage un feu de camp de colonie qu'un concert Rock, mais je dois avouer que Kevin, le chanteur, petit bonhomme hirsute barbu, dégage avec sa guitare et sa voix presqu'enfantine un tel mix de naïveté et d'assurance à la fois que cela en est déstabilisant et...charmant, pour ne pas dire bluffant. Textes engagés hyper positifs, reprises de classiques folk variétés français inattendus "Sur la colline" de Joe Dassin, la chanson de Mandrin (sauf erreur)...un style se référant implicitement à des groupes tels Kyo ou Matmatah. Le tout boosté par un son puissant mais bien réglé laissant entendre les textes. On aurait aimé néanmoins une guitare solo un peu plus présente dans les enceintes. Une set agréable et maîtrisé.

 

 

 

La soirée se clôturait avec des mix assurés par le trio CtKC.
Une première plutôt réussie, avec une salle en version debout quasi comble au plus fort de la soirée. Espérons que cela augure de beaux lendemains pour la scène roannaise, décidément en verve lorsqu'on lui en donne les moyens. 

 

Contact WhatsUp Booking :

Kevin at whatsupbooking.com 

Production : vincent@whatsupbooking.com 

Toutes photos : © Rockaroanne/Action-time

26 avr. 2024

Ich Libido : "on va pas y passer la nuit ! "

C'étaient les années quatre-vingt.

C'était le Rock francais, alternatif, certes, mais pas que. Les lecteurs de fanzines de type Nineteen, Going Loco ou Tant qu'il y aura du rock découvraient plein de combos sympas à l'époque, et les labels nous proposaient aussi de bien belles gallettes, qu'il fallait commander sur les listes VPC (vente par correspondance) ou récupérer chez son disquaire préféré. (Il y en avait plein). Il y a avait même des chaines TV pour faire jouer ces groupes. (Bon, ok, quand on y pense, certaines comme CultureBox assume encore un peu ce genre de médiation de nos jours.)

On était en 1985, et ce groupe stéphanois produisait son premier et unique album, après un 45 tours. Un bon mix de chanson francaise rock avec un zest de Rocakabilly dans les guitares. 

Je me souvenais bien de la pochette, et aussi beaucoup de leur single "Dans ma Ford intérieur" (beau jeu de mot), passé et repassé sur la très bonne compilation double du label Reflexes qui les avait produit alors (où l'on trouvait entre autre les Désaxés). Cela dit, le titre phare de ce lp est surtout, pour moi "Déjà deux heures du soir", même si toute le mini album vaut le coup.

L'anecdote de cette numérisation tient à peu de chose (il y avait longtemps que je ne m'étais fendu d'aucun post de ce type sur le blog) : un lecteur sympa vient me trouver à la médiathèque où je travaille, car on a proposé, mes collègues et moi, quelques années en arrière, un atelier "numérisation de vinyle", qui n'est cela dit plus d'actualité. S'engage une discussion sur le pourquoi du comment"... et de parler alors des Ich Libido, et des Endimanchés. Ni une ni deux : je regarde vite fait sur la web ce qui est disponible : rien ; ou pas grand chose (trois titres postés sur Youtube il y a cinq ans.)
"Bon, allez, on va s'y coller" ;-)

ICH LIBIDO, c’est un peu le groupe phare de Saint-Étienne. Ils existent depuis un peu plus d’un an, ils ont, entre autres, joué aux Nuits Bleues en octobre 82. Formation classique : basse / batterie / guitare / saxo et bientôt un deuxième saxo. Ils tournent pas mal et surtout, ils ont un moral d’acier, ce qui a l’air d’être vital dans cette ville. Ils sont en train de préparer une vidéo et envisagent plus que sérieusement l’autoproduction, c’est du rock’n’roll (mais pas du rockabilly). Un rock évolué 80’s avec beaucoup d’énergie, des textes humoristiques et deux supers morceaux : “La fiancée du Pirate” et “Ford intérieure”.
A voir absolument sur scène.
ICH LIBIDO, c’est un peu le groupe phare de Saint-Étienne. Ils existent depuis un peu plus d’un an, ils ont, entre autres, joué aux Nuits Bleues en octobre 82. Formation classique : basse / batterie / guitare / saxo et bientôt un deuxième saxo. Ils tournent pas mal et surtout, ils ont un moral d’acier, ce qui a l’air d’être vital dans cette ville. Ils sont en train de préparer une vidéo et envisagent plus que sérieusement l’autoproduction, c’est du rock’n’roll (mais pas du rockabilly). Un rock évolué 80’s avec beaucoup d’énergie, des textes humoristiques et deux supers morceaux : “La fiancée du Pirate” et “Ford intérieure”.
A voir absolument sur scène.

"ICH LIBIDO, c’est un peu le groupe phare de Saint-Étienne. Ils existent depuis un peu plus d’un an, ils ont, entre autres, joué aux Nuits Bleues en octobre 82. Formation classique : basse / batterie / guitare / saxo et bientôt un deuxième saxo. Ils tournent pas mal et surtout, ils ont un moral d’acier, ce qui a l’air d’être vital dans cette ville. Ils sont en train de préparer une vidéo et envisagent plus que sérieusement l’autoproduction, c’est du rock’n’roll (mais pas du rockabilly). Un rock évolué 80’s avec beaucoup d’énergie, des textes humoristiques et deux supers morceaux : “La fiancée du Pirate” et “Ford intérieure”.
A voir absolument sur scène
."
Texte issu de la revue Rock et BD (1983), et retranscrite sur l'excellent site de la radio rock SWK. (Merci à eux, car je n'ai pas été voir si j'avais ce numéro de la revue).
https://radio-swk-archives.net/saint-etienne-dans-rock-bd-1983/


4 mars 2024

Thesaurus vol 7 : Punk Rock français 1978-1986 : de la balle !

 Une compilation double album indispensable pour tout amateur de punk rock français des années quatre-vingt. 

Déjà sept volumes pour cette anthologie rock présentant des titres soit rares soit complètement inédits de la scène francaise, des années soixante aux années 80. Claude Picard réalise un travail génial et professionnel avec cette collection, et on ne le remerciera jamais assez de proposer à nos oreilles de pareilles pépites. Il y a eu entre autre Tim Warren pour les Sixties punk et le revival garage US et européen dans les années 80, la France a son label d’exhumation par le biais de Caméléon dans les années deux mille.

Vu le titre, on pouvait s’attendre (à tort) à du son bien défonce et des guitares pas toujours justes, si l’on se réfère au fait que pas mal de ces enregistrements n’ont souvent pas dépassé le stade de la cassette démo ou de répétition. Cependant, la surprise est grande à l’écoute de ces quatre faces, enveloppées dans une pochette simple (non Gatefold) de toute beauté, dessinée par l’incroyable Mezzo (auteur entre autre des superbes albums de bande dessinée : Le Roi des mouches/Love in Vain/Kiss the Sky).
Si la face A s’ouvre avec des titres agréables mais sans trop de surprises par rapport à l’époque et sur des villes du nord ou du centre (on verra que la localisation révèle une certaine importance, le sud ayant un attrait marqué pour les sons un peu plus influencés sixties) on remarquera pour les lecteurs "locaux" de ce blog la présence du groupe roannais Stuka (clin d'oeil), dont le titre "Fuck the School" ne démérite pas ici. De fait,  les choses commencent à changer avec le titre A8 : Skins Stink (les skin puent), par les New Gentlemen, de Caen. Un titre laissant à supposer que le style va quelque peu changer au fil des faces.
En effet, dés le B1 , les Berettas de Lyon, avec leur Campagne de France font davantage tendre l’oreille. Ce titre engagé de 1982 ferait penser en légère avance à ce que la scène alternative a pu ensuite développer. Les Chaos de Clermont Ferrand avec leur Centre Jaude (célèbre centre commercial situé sur la place du centre ville du même nom) est aussi un titre rock bien dans l’esprit de ce que l’on a eu l’habitude d’écouter lorsque l’on lisait le fanzine Nineteen. Flash Gordon de Strasbourg, délivre un « I Wanna be Free live, qui, s’il n’a rien à voir avec le titre des Vip’s résonne plutôt bien. Défense d’afficher de Nice, de 1985, avec « Terminus », là encore, n’aurait pas dénoté sur une compilation de l’époque et de l’écurie Closer ou New Rose/ Nineteen. Les Shames de Toulouse envoient du très lourd avec un son bien plus Rhythm’n’blues "à la  française" des eighties, avec Shameless Girl et Two Worlds in One. Must have !


Le deuxième disque s’ouvre efficacement avec les Mosquitos et un volume/ une production encore plus efficaces. Leurs deux titres évoquent Asphalt Jungle ou les Coronados… Excellent.

Les Marlons de Paris, avec une voix féminine (au moins dans les chœurs), est super efficace et pourra rappeler les regrettées Lolitas. Mokos, de Nice, envoie du bois en un peu plus garage punk, voire fifties style dans la guitare solo, façon Dick Dale. Great. Single Track, de Brive, nous défoncent grave sur leurs deux titres Lassitude et Laissez mourir les vieux. Même s’ils ont pressé un album sur le label GMG (mal produit), c’est dingue que ce genre de morceaux (datés 1981) ne soit pas sorti à l’époque ! Du niveau du meilleur de ce qui est déjà le meilleur en single collectionné en France. Classé X, de Toulouse avec Plastic Doll  (1984) le fait bien avec un gros son et des paroles en anglais. Mome Rath est davantage néo punk, façon Wire, voire Suicide. St Just et les sauvages de Troyes sonnent un peu Metal urbain avec leur Planqué sous la pluie de 1983. Cool. Tandis qu’Insecticide d’Amiens, déchirent avec leur « Baba » de 1978. Un titre garage punk excellent, qui pourra rappeler les sixties Somethings avec leur Monde infernal. Les trois derniers titres de Décharge (Beauvais, 1978), Le Chaps (un délire sorti sur un flexi en 1978) et Alain -ex Gazoline- Khan (inédit d’une session studio solo de 1986), ne sont pas les titres qui m’ont le plus interpellés, même si ces rares enregistrements de groupes bien connus des amateurs férus (au moins pour les deux derniers), auraient tout aussi bien pu se trouver sur une compilation de Type Wiiiz.

Si l’on peut « laisser mourir les vieux », gageons qu’avec ce genre de travail d’exhumation passionné et passionnant, ces derniers ont désormais acquis le pouvoir d’une certaine immortalité.


FG

 

On retrouvera avec grand intérêt l’histoire, plus ou moins longue et documentée, de chacun de ces groupes sur le site web de Caméléon Records.


Thesaurus vol 7 : Punk Rock français 1978-1986
Dblp 30 titres inédits (28€ plus port).
Camelon Records 105, février 2024

A commander sur le site web, ou chez votre meilleur disquaire spécialisé.