16 nov. 2021

British beat, American Beat, Freakbeat & Garage Rock 60’s. 350 pépites...

Une nouvelle bible en français sur le genre Beat, Garage, Freakbeat ? Non, plutôt un catalogue mémoriel de titres cultes. Donc, pas inintéressant pour autant.


Lorsque l’on voit la couverture de British Beat, American Beat, Freakbeat & Garage Rock 60’s.. on se dit : « tiens, y aurait-il eu une traduction des bouquins de Vernon Joynson Fuzz Acid and Flowers et Tapestry of Daylights, les classiques américains sur ces sujets là, que chaque collectionneur des genres sus-cités se doit de posséder ? Alors, on jette un œil, et là : surprise : on s’aperçoit qu’en fait : non, ce n’est pas une traduction, ni une adaptation, mais bien un livre à part, différent, qui a été conçu par Serge Morinais. Alors, de quoi s’agit-il ?
 

British Beat… est un épais bouquin de 390 pages, couverture couleur, broché, dos carré, comme le veut la tradition de l’éditeur Camion blanc, mais ne comprenant que du texte dedans, sans aucune photo ni illustration. Et pour cause, il s’agit en fait d’une anthologie de notices rédigées par l’auteur sur 350 « pépites » comme il l’écrit lui-même. Après 7 pages de prologue recontextualisant au mieux la période et le pourquoi de ce livre, tentant de faire partager un certain nombre de morceaux que l’auteur apprécie, de certains, grands classiques, (cela commence par « Some other Guy », puis enchaine sur « I Saw Her Standing There ») à d'autres, un peu plus Underground, passant par tout ce que la scène sixties Mod, Beat et ce que l’on appellera ensuite le sixties punk a produit de plus excitant, au niveau national pour les groupes concernés en tous cas. Car que ce soit pour la terre d’Albion ou l’outre Atlantique, ces titres là (des singles souvent) ont eu un certain succès, et l’auteur ne part pas dans un essai sur des pépites vraiment rares ou introuvables que l’on a pu, dés les années quatre-vingt, retrouver compilées dans des séries consacrées au sujet par des amateurs collectionneurs. Non, il lorgne plutôt, et surtout en grande partie dans les premiers chapitres, vers l’essentiel, que chaque amateur de rock 60’s anglosaxon un peu sérieux connait normalement. La plupart des titres plus rares ou étonnants étant rassemblés, cela est assez logique finalement, vu le voyage procrastinatoire que l'auteur s'autorise, dans les deux derniers chapitres. Par exemple : Time of Day des Remains, contenu sur leur unique album d'époque, Believe me, 10eme 45t des Guess Who, Samantha's'Mine, de The Spectrum, We Don't Know, de The Attack, I Am What I Want, de M.P.D. Ltd, Love's The Thing, de The Romancers, You Gotta Leave de The Gentlemen Wild...etc.) On passe à cet endroit à des notices un chouilla plus longues et des groupes bien moins grand public. Une grosse vingtaine de titres environ, repartis au gré des souvenirs et des "raccords" entre morceaux.
C’est donc assez simplement mais avec passion, c’est indéniable, que Serge Morinais déroule son "catalogue mémoriel" autour de ses pépites, avec à chaque fois l’interprète, le compositeur, la date de sortie de cités, puis de cinq à vingt phrases pour chaque notice, selon les anecdotes qu’il a à apporter, mais celles-ci ne sont malheureusement pas nombreuses, l’auteur se contentant de faits, de places dans les charts, d’une rapide remise en perceptive…C’est assez frustrant.


Alors, on prend certes un certain plaisir à feuilleter cette énumération de titres, qui ont tous été joué à un moment ou à un autre sur les Teppaz d’adolescents ou à la radio à l’époque, (quoi que pour les plus rares, il fallait surement s'accrocher en France), certains finissant même par être interpétés par des guitaristes amateurs français, créant des groupes de reprises rien que pour s’éclater le weekend et pouvoir peut-être mieux emballer les demoiselles*. L'amateur pourra même y trouver un certain intérêt, avec les titres les plus obscures donnant envie d'aller les dénicher et écouter, mais tout cela aurait peut-être cependant mérité d’être rassemblé dans un ordre différent (l’auteur explique en effet que ceux-ci ont été "simplement déclinées au gré de mon inspiration"), d’autant plus que si Index il y a en fin de volume, aucun report de page en face n’existe, pouvant renvoyer à la notice souhaitée. Idem en ce qui concerne les groupes : une erreur impardonnable. Et ce n’est malheureusement pas le seul défaut de ce livre, qui en dehors du fait de ne pas apporter d'avis très critiques ou d'anecdotes, apparaît davantage comme une compilation de titres du Billboard et des tops de mags spécialisés européens, (d’où leur classement souvent cité) - informations que tous les amateurs auront pu trouver depuis bien longtemps dans la langue de Shakespeare. Alors certes, cela a le mérite d'être recensé et regroupé, mais on aurait aimé un style d’écriture plus enjoué, plus personnel. Ajouter le fait qu’il n’y ait pas d’illustration (on aurait pu apprécier la reproduction au minimum des pochettes de disque), et un ton très « fanzine, avec un défaut de relecture notable, tout cela donne au final l’impression que l’éditeur Camion blanc a laissé entière carte blanche à un amateur passionné sans y mettre le moindre grain de sel, pourtant son travail normalement. Le lecteur est en droit en effet d’attendre un peu plus d’un investissement d'une valeur de 30 euros. Au final, la question se pose : quel est le public visé ? Je ne saurais vous répondre. On privilégiera dés lors sans doute la version numérique, vendue moitié prix.

FG


(*) C’est justement ce qu’à fait Serge Morinais, qui en 1966, avait monté avec d’autres copains le Sneakers group, qui n’a malheureusement jamais enregistré. Il faut croire que toutes ces musiques qui l’ont suivi depuis, et auront marqué sa vie, lui on donné envie de les rassembler dans un même et unique écrin.


British beat, American Beat, Freakbeat & Garage Rock 60’s. 350 pépites...
de « A Hard Day’s Night » à « Zoot Suit » ... en passant par « Satisfaction »
Par Serge Morinais.
Éditions Camion blanc, avril 2021 (30€) - ISBN physique : 9782378482534
ISBN numérique : 9782378482541

18 mai 2020

Lucky Peterson : He's Free (1964-2020)

C'était les années quatre-vingt-dix et nous étions à Roanne, ville qui a toujours porté le Blues assez  haut dans ses amours. (cf l'actuel Roanne Blues Festival  https://www.facebook.com/pages/category/Festival/Roanne-Blues-festival-798500730483501/). Mais en ce temps là, Canal Jazz et surtout Papillon Bleu, associations locales, avaient déjà eu l'occasion de prêcher la bonne parole, que ce soit au Théâtre, à salle du grand Marais pas encore dénommé ainsi d'ailleurs, ou dans d'autres endroits. Les roannais ne sont pas loin non plus de St Chamond, qui a offert durant quelques années un bon festival dédié à la musique bleue.
En 1994, j'y étais, pour une bonne dose de Bernard Allison et Patrick Verbeke entre autre.
Le contexte était dans la musique black donc.



En avril 1996 cependant, Lucky Peterson vint se produire au Palais de sports, salle récemment remise (quelque peu) en état afin d'accueillir des concerts. C'est ainsi que j'ai pu voir, en ce qui me concerne : William Sheller et Eddy Mitchell. Olivia Ruiz nous a aussi rendu visite, si je ne m'abuse.

Lucky Peterson Roanne avril 1996 ©F. Guigue

Lucky Peterson Roanne avril 1996 ©F. Guigue
Bref, ce soir-là, c'est à un concert blues très généreux que l'artiste nous a convié, comme en témoignent d'ailleurs ces deux photos, rescapées d'une luminosité trop faible. Lucky Peterson, artiste ayant débuté très jeune (5 ans !), a enregistré son premiers disque en 1971 dans les pas de son père James Peterson, avant de voler de ses propres ailes vers 1984, puis connaître la carrière que l'on lui connaît.
En 1996, venant de sortir son dernier album Lifetime, c'est à cette occasion qu'il venait en défendre les couleurs. Du Blues plutôt jazzy, qui avait perdu alors sa patte un peu plus Soul des précédents albums découverts après coup, lorsque la médiathèque récemment sortie de terre m'ouvrirait (professionnellement) ses portes et son espace audiovisuel quelques mois plus tard. Internet arrivait tout juste en 1997, (et oui), et le CD, ainsi que le vinyle, pour les chanceux qui possédaient les premières éditions lorsqu'elles existaient, restaient dés lors encore les meilleurs moyens d'écouter des albums entiers.





Lifetime donc, qui n'empêcha pas le jeune artiste, alors âgé de 32 ans, mais avec un expérience de scène déjà imposante, de donner le maximum, c'est à dire beaucoup. Superbe soirée et très bons souvenirs.

Cette année 2020 si cruelle et triste en termes de disparition, Lucky Peterson fêtait avec une nouvelle tournée ses cinquante années de carrière scénique... il ne lui aura pas résistée.
Rest in peace, et on espère que là où tu es, tu auras trouvé l'amour et la liberté.  Hommage avec ce titre tiré de son album Triple Play de 1990.



6 oct. 2019

Johnny Montreuil VS Villejuif Underground, c'est Titi contre Vil Coyote pour fêter les vingt ans des MGM.


Mardi 01 octobre, Riorges fêtait les vingt ans des MGM. Vingt ans que quelques équipes de passionnés se succédant avec succès, soutenus par la municipalité riorgeoise ont réussi le pari de proposer des concerts exigeants et une programmation régulière dans la salle (des sports) des Grands Marais. Une gageure à l'époque, surtout calée un mardi soir, que la ville voisine, plus grande, dont on taira le nom, n'a jamais su imaginer.
Accueillis comme des rois avec un verre de rosé pétillant et une assiette de petits gâteaux, les quelques 300 spectateurs ayant fait le déplacement ont pu se réjouir, après les discours et la projection vidéo d'un résumé des programmations précédentes, du set nerveux de Johnny Montreuil.


Ce combo parisien, dont le deuxième album « Narvalos Forever » vient de paraître cette année, délivre un mix de Rockabilly et de punk alternatif, chanté en français (en titi parisien, même, pourra t-on dire), très compréhensible, et ce n'est pas le moindre de ses attraits. Le chanteur, moustachu fier à bras, mais au cœur pur, (le fameux Johnny) rivé sur sa contrebasse durant quasiment tout le set, à part sur un morceau, où il s'accompagne à la guitare, redéfinit ce que peut être un Rocknroll « à la french ». Le guitariste, flegmatique moustachu lui-aussi, portant l'instrument haut, pourrait faire penser à un chasseur de prime de Deadwood. La manière rude qu'il a de se servir de sa guitare, et les sons surf souvent teintés de reverbe qu'il en extrait, finissent d'assurer au groupe un statut définitivement sauvage. De vrais Narvalos quoi.
Sauvages et culottés, ils l'ont été, n'hésitant pas, après avoir tenu la scène bien deux heures, à répondre à la demande générale des rappels, malgré l'attente d'un deuxième groupe, qui ne pourra aborder la scène qu'après leur départ à 23h...

Harmonica puissant et omniprésent, sur contrebasse et guitare brutes


Pendant ce temps, les trublions de Villejuif Underground, menés par le chanteur et écrivain australien  iconoclaste Nathan Roche, ont eu le temps de se préparer, et quoi de mieux que de le faire avec du Whisky, et...divers autres substances, que la bienséance de ce blog (et la rigueur des sources)  m'interdit de citer.
Villejuif Underground, ce sont des parisiens, greffés à un électron libre océanien. De parisiens, ils n'ont désormais que le nom, puisque le groupe a éclaté géographiquement depuis l'année dernière, Nathan partant habiter à Marseille et l'organiste rentrant en Bretagne (1).



La chose la plus étonnante dans le set de cette soirée, et qui aura, j'imagine, marqué les spectateurs restés pour la découverte, ou des retrouvailles, restera le jeu de scène de Nathan, grand échala dégingandé, la crinière blonde au vent, qu'il emmitoufle à l'occasion sous un keffieh, le jeune homme à l'univers apparemment riche et énigmatique se déhanche et saute, (tel un kangourou ?) Sur scène, agitant ses jambes l'une contre l'autre, à la façon d'un comique   troupier, lorsqu'il ne descend pas dans le public, régulière, pour faire le tour de la salle en courant. On l'a vu aussi se coucher à terre, sous le rebord de scène, et ce, à chaque fois, en continuant à chanter. Alors, certes,  cette voix n'est pas celle d'une diva. On y entendra davantage des paroles scandées, dans une tonalité grave qui rappellera Lawrence de Felt, voire Nick Cave, et la guitare hypnotique de Thomas Schlaefflin, tout comme les nappes d'orgue étranges, associées aux rythmes syncopées, nous embarquent irrésistiblement dans les ambiances No Wave des néo-zélandais Mi-Sex, des californiens Tuxedomoon ou du shoegazing des années quatre-vingt-dix. Un son, une ambiance, que l'on n'avait pas entendu depuis très longtemps.


Malgré leur frustration compréhensible, d'être passé tard, devant un parterre clairsemé, et un état de certains musiciens à la limite de la syncope, le Villejuif Underground a assuré un show tout à fait honnête, généreux et énergique, ce qui était en soi une gageure.

Le deuxième album « When Will the Flies on Deauville Drop ? » est disponible chez Born Bad, et je vous le conseille chaudement.

FG

Nathan Roche dans son monde...


(1) Lu sur : https://www.greenroom.fr/124169-en-2019-le-villejuif-underground-relance-la-belle-escroquerie-du-rocknroll/


Photos : F. Guigue.
> Voir mon album complet du concert ici :
https://photos.app.goo.gl/qX4FJNvFP5nb65A39


Ecouter : https://levillejuifunderground.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/johnny-montreuil/albums




24 juin 2019

Lion In Bed, but As an Art !

Le Musée d'art contemporain de Saint-Etienne conviait le trio Lion in Bed ce dimanche 23 juin dan son hall, pour "rugir de plaisir" nous prévenait-il.
Lion in Bed, rappelons-le, est le dernier projet musical de Michael Mottet (ex Angil - Angil and the Hidden Tracks), avec sa compagne Sherazade, (ex Dotsy Dot), plus Flavien Girard à la batterie/percussion.



Fort d'un album réussi paru l'année dernière, (voir ma chronique), et après quelques concerts permettant de mettre un peu en lumière ce disque, les voilà prêts à repartir pour de nouvelles compositions, et un nouveau projet. Initialement prévu au coeur du musée et de ses collections, le concert s'est finalement déroulé dans le hall, la faute aux intempéries de la veille, ayant causé des fuites d'eau. Tant pis, c'est avec professionnalisme et envie/plaisir que le trio a déroulé la totalité de son répertoire, plus une reprise : le « Moonshine » de Kill The Vultures, le moment le plus poppy du set d'ailleurs.




Si nos oreilles ont du s'habituer à l'acoustique d'un lieu pas complètement adapté à ce genre de prestation, (un peu trop d'écho), quelques réglages on réussi cependant à rendre ce set agréable.

La rigueur et la qualité des compositions, plus une interprétation sans faille ajoutant le sel (ou le sucre ?) à un moment particulièrement savoureux. On retiendra aussi la voix surprenante de Shérazade, utilisée comme un vrai instrument, et dont les poussées incantatoires aiguës sur certains passages ont pu mettre le frisson. Un rappel a permis d'écouter une reprise assez minimaliste du  « Bang Bang » de Sonny Bono, popularisé entre autre par Nancy Sinatra.

> De la musique comme art, à part entière : le symbole était fort, et chaque spectateur présent a pu le constater. "Lion In Bed" ("Lying In Bed") certes, mais on reste bien éveillé, face à un voyage sensoriel et sensuel émouvant. Rendez-vous est pris pour le prochain album !

FG




photos : © Flora Guigue, sauf première en haut à gauche.









23 juin 2019

Vaudou Game : c'est l'anniversaire, à Riorges !

Ce vendredi 21 juin, pour la traditionnelle fête de la musique, l'équipe culturelle de Riorges avait invité Vaudou Game. Groupe mené par le malicieux Peter Solo, originaire du Togo.

La bonne ambiance africaine, teintée de Funk qu'à installé le groupe, a aussi été rendu possible grâce au contact établit par le chanteur avec le public. Explications en français, et avec humour, de la signification du "Vaudou", le faite d'être relié à la terre, suppliques pour bouger son corps, ou plutôt  : "mélanger son Chanel ou son Gucci", par la danse, et textes parlés-chantés aux thèmes humanistes et écologiques.



Peter Solo a débarqué en 2008 avec un premier album réalisé avec le groupe Kakarako ("Miadome", La Cerise sur le Gateau). Après un second album, il monte Vaudou game, orientant son nouveau combo dans une direction plus festive et au Gimmick bien rodé (orchestre cuivré et aux style très seventies Funk orienté pourrait-on dire, et très "James Brownien" par moments.) A ce titre, chapeau bas au bassiste. Les ritournelles lancinantes que nous propose Vaudou game, en plus d'être très communicatives en terme de rythme et de sensations positives, sont augmentées par les textes drôles et bien sentis, d'un leader auteur compositeur interprète producteur que l'on sent bien décidé à ne pas renier ses racines. Le répertoire, fort de trois albums aujourd'hui, a permis de profiter de "L'anniversaire" (de belle maman), "La vie c'est bon", "Locataire" (très teinté Ethiopian style), et tous les classiques de ce combo rafraichissant.

Immersion réussie et aux petits oignons ce vendredi soir, jusqu'à ce que la pluie, en toute fin de set, disperse la foule pourtant motivée.

La vie, c'est bon, bon, bon !

FG