27 juil. 2026

De la musique plein la tête : des années pop aux années punk


Biographie d'un jeune aristo que seule la musique sortira de l'ennui. Belle immersion documentée dans la transition seventies Pop et Jazz Rock.

Avant que Pierre de Chocqueuse ne devienne entre autres rédacteur en chef de Jazz hot à la fin des années quatre vingt, puis chroniqueur reconnu des revues Jazzman, jazz magazine mais aussi auteur avec Philippe Adler d'un "Passeport pour le jazz" chez Balland en 1997, il a vécu comme beaucoup de jeunes des années soixante cette époque bénie musicalement en pleine face puisqu' âgé de 16 ans en 1968. Il a en effet profité non seulement d'un grand frère, mais de moyens confortables familiaux lui permettant divers voyages formateurs. Mais Pierre de Chocqueuse n'était pas bon élève, et bien que tentant du droit plus tard, il finit par faire de son obsession un métier, arrivant à se faire embaucher d'abord au sein de la revue Best, en 1973, comme rédacteur, puis en avril 1975 chez Polydor, d'abord comme assistant attaché de presse. Ce qu'il nous raconte dans ce livre au style direct, coloré, agréable et plein d'anecdotes savoureuses, c'est son parcours dans cette transition des années soixante aux années soixante-dix. S'il cite quelques classiques des glorieuses sixties, c'est surtout ses expériences personnelles de musicien avec son orchestre sono batterie électronique PIMIPHI, l'organisation de concert avec son pote Antoine à la fac de Nanterre, ses vacances en Grèce, puis son analyse des musiques changeantes au mitant des seventies qui font tout le charme et l'intérêt de ces pages. Il est en effet assez rare de lire un tel engagement personnel dans des ouvrages consacrés à la musique Rock, et ici, celle-ci est restituée pleinement dans son approche Pop, telle qu'on l'appelait alors en France, lorsque ce mélange de Rock, Folk et Jazz progressif la faisait transiter de terrains connus et compréhensible par tout un chacun, vers des contrées plus "lointaines et colorées. L'auteur, sincère et lucide, mais tout de même passionné, reconnaît néanmoins que la fin des années soixante-dix commençait à devenir moribonde en termes de chef d'oeuvre, et il était bien placé pour s'en rendre compte, lorsque le punk s'est invité à la fête funèbre.
Alors que les Bee Gees, revenant de loin, venaient de toucher le jackpot avec Saturday Night Fever chez PoLydor justement, les Sex pistols, Jam et consorts emportaient tout sur leur passage...sauf l'approbation de notre auteur. La fin d'une époque qui le décidera à quitter ses fonctions, ne se reconnaissant plus dans ces musiques. Le début d'un nouveau changement, tourné vers le jazz, devenu pour lui la meilleure option de découvertes musicales alors. Un témoignage prenant, agréable, et truffé de suggestions d'écoutes pointues entre les lignes. Recommandé.

De la musique plein la tête : des années pop aux années punk, par Pierre de Chocqueuse
Éditions les soleils bleus 2021 (15€) - ISBN : 9782918148340

14 mars 2026

Zac Schulze et Shakura S'aida au Roanne Blues Festival, vendredi 13 mars 2026

Toujours un plaisir de participer à des événements aussi bien menés que ce Roanne Blues Festival, dirigé de main de maître et avec passion par Patrick Vidil de l'association ACMM. Septième édition déjà pour un festival prenant de l'ampleur d'édition en édition.

Après une semaine de concerts en bars et autres (relativement) petits lieux, nous étions à la salle Fontalon pour découvrir un groupe de jeunes anglais nerveux d'après le programme et une diva Soul canadienne.


Well, j'avoue avoir avoir un léger faible pour la musique garage Rock, et adore la Soul aussi, mais si Zac Schulze et son gang possèdent une énergie effectivement débordante, j'ai moins aimé la systématisation des solos dégoulinants. Pour moi, tout le problème de ces guitaristes virtuoses. Néanmoins, le guitariste chanteur a su quand même se poser de petits moments, (pour montrer qu'il savait aussi faire), et j'ai été agréablement surpris par la voix du bassiste qui a su proposer de son côté de bons morceaux, un peu moins "déglingos". On retiendra quelques bonnes compositions donc, une reprise étonnante et wild du She Does it Right de Doctor Feelgood, quelques medley bien troussés (Hendrix, Led Zep, Beatles, Fleetwood mac), et un trio à l'énergie débordante.
 
Quand à notre chanteuse canadienne, annoncée comme une diva, j'y allais un peu à reculons, me méfiant toujours des comparaisons souvent hasardeuses avec les grandes, telles Aretha Franklin, qui relèguent souvent de belles voix à des interpérations fades. C'était cela dit faire peu confiance au sérieux des organisateurs, sachant de quoi ils parlent.  
  


Donc, malgré un début de set légèrement poussif dû à un son pas très bien réglé au départ, Shakura S'aida et son groupe m'ont finalement embarqué pleinement. Tout ça grâce à l'incroyable aura qu'elle dégage, une voix effectivement de très grande qualité, et un répertoire tout en finesse. La prière ("Clap Yo Hands And Moan") proposée avant le rappel, restant pour moi un moment Soul comme rarement vu et ressenti, même si l'adaptation de "Modern Love" de Bowie, en version Soul hyper ralentie, était aussi un moment rare. Son dernier album Hold On to Love a paru en 2022.