4 oct. 2015

Larsen recordz, 25 ans déjà : bon anniversaire !


Quel plaisir de se poser enfin, après une journée (un samedi ?) de boulot, et pouvoir entendre démarrer le son provenant du sillon d'un album de Benny Gordini.
…En effet, l'année ou les Slow slushy boys fêtent un anniversaire (1), et la centième référence de Larsen recordz, Benny propose un joli single en cadeau*.
> L'occasion était donc belle de chroniquer celui-ci, mais finalement aussi de revenir sur un des nombreux albums que Denis, aux manettes du label, a produit il y a quelques années, et qui a gagné depuis un statut culte :

"The indestructible Benny Gordini with the teen Axel Soul arkestra" (Ring a dang doo)

Celui-ci, réalisé en 2003 avec Teen Axel, autrement dit le propre fils de Denis, (alias Benny, chanteur des Slow slushy boys et patron des labels Larsen/B soul) est une petite bombe groovy, et une des rares productions du label que je ne possédais pas. Hérésie lorsque l'on se rend compte a son écoute du chef d’œuvre que celui-ci est.


L'entrée en matière avec "The almighty" pose le jalon d'un disque non pas concept, quoi que…plutôt un état d'esprit, celui décrit au verso par Mr Purple teeth : l'esprit de la Soul, du Boogaloo, du jazz, du Rock steady...
Une certaine notion de la vie et de ce que doit être le cool.


Et cette face A ravira l'auditeur : "Tease me baby" reste encore dans  des sonorités connues des amateurs du groupe "parent" (les Slow). Mais quelle surprise lors de l'ouverture de "Do the elephant step" Un instrumental composé par Axel, avec piano bastringue en avant , et groove mortel. Un Killer.
"Intox city" suit, un peu sur le même schéma, mais avec cette fois une guitare rythmique plus présente, accrocheuse, un piano emballant, vraiment, et le chant de Benny, délivré. Co-signé, ce titre remporte tous les suffrages !
Le titre "Ring a dang doo" surfe sur la thématique doo wop, chose que n'avait jamais vraiment tenté à ce niveau Benny et ses Slow. Plutôt réussi. Comme on a déjà comparé par ici le timbre de Denis a celui d'Arthur Alexander, évidemment, cela aide. Mais parfois l'enregistrement, profond (merci Djean) ferait presque penser a du Buddy Holly. Grand écart ? Pas tant que ça.
"Savage girl" est un mid-tempo chaloupé, très sympathique, aux sonorités un peu îlotières, grâce entre autre au petit son d'orgue et au vibraphone. La voix de Benny est parfaite sur ce titre, tous comme les chœurs. Sachant qu'il s'agit d'une compos, on en reste baba.

Face B, "Moving away" attaque doucement, sur le rythme d'une ballade soûl. Là encore, comment ne pas penser a Arthur Alexander. Mais il s'agit d'un titre de Ken Booth. Superbe.
"Believe it or not", de Rex Garvin, est un rock steady mid-tempo appuyé, énorme. Superbe guitare, orgue en soutient, chœurs au diapason, guitare excellente, juste a sa place. Un superbe morceau.
"Intoxicated Man" de Gainsbourg, se voit adapté. Et il est étonnant d'entendre à nouveau, ou enfin ?,  Denis chanter dans sa langue natale. (Je me demande s'il l'avait déjà fait ?) Une étrangeté donc, mais interprétée avec amour, et surtout accompagné de l'orgue subjuguant d'Axel.
"Would you believe", de Jackie Lee, entraine tout sur son passage avec un rythme emballant, syncopé. Benny et les chœurs, et toujours cet orgue...ne laissent pas de choix : il faut bouger !!!

"Running-away Man", une composition d'Axel, est un nouvel instrumental, qui n'aurait pas juré dans une bande originale de film italien des mid-sixties. Piano, vibraphone, bon rythme jerk : une autre superbe réussite.
"Stop crying on yourself" et c'est cette fois le tour du père de composer. Que dire de ce titre ? On oscille entre de choses entendues chez les meilleurs groupes français des eighties, le groove des meilleurs frat rock band US sixties, et toujours ce petit je ne sais quoi dans la voix lorgnant du cote de Buddy. Un autre futur classique (s'il passait à la radio. )
"Smash it up" arrangué par Denis : "Hey you ! You better smash it up" sur un rythme lancinant, clos en beauté, et tranquillement, cet album surprenant, époustouflant.

…"Ring a dang doo" date de 2003. Et rien que sa pochette valait le coup. Mais prendre ce son dans les oreilles aujourd'hui, (je ne possédais que les 45t "tirés" du 33t jusqu'à présent) remet pleinement en perspective tout le travail effectué depuis, tant par le père, que le fils. (Axel joue en effet tous les instruments sur cet album.)

Benny lui, a continué, depuis douze ans, a promouvoir ces musiques, avec d'autres singles, d'autres concerts, d'autres fanzines (B soul), et d'autres albums, tandis qu'Axel a monté d'autres projets solo. (D'abord Graham Mushnik, puis Guess what, Pissin boy...) ainsi que le label Catapulte à Londres. Il s'est aussi définitivement fait un nom avec son projet Guess what et surtout ses prestations live, en duo orgue/batterie toujours incroyables.

Dire donc que ce single anniversaire est un événement et une petite pièce de collection est un euphémisme pour tout ceux qui connaissent et suivent un tant soit peu ce label et/ou l'actualité indépendante vinylesque.

Larsen 0100 : Une très belle pochette réalisée par Lou, fille de Benny.
(Une histoire familiale on vous dit ;-))

Détail du 45 tours :

"Rise up", est un superbe rock steady, très bluesy a la guitare, et sautillant à la batterie, qui nous embarque pour plus de 4 minutes lancinantes de déhanchement frénétique. Excellent morceau à la sauce funky 70's.
"A sad story" était un des titres du tout premier lp des Slow, en 1989, et on ne le reconnait pas. La volonté de retravailler ce morceau dans l'esprit funk et groovy d'aujourd'hui ne restera pas la meilleure idée je pense de la bande de la Fougère. Le texte était sans doute trop peu adapté. Et même si dans l'ensemble, le titre"tourne", n'eut il pas fallu plutôt en faire une version instrumentale ?  C'est d'ailleurs les passages instru qui passent le mieux.
...Bah, rien de bien grave, la face A suffisant. Et la pochette étant très sympathique.

> En conclusion : si vous ne connaissez pas les disques des Slow slushy boys, et ou de Larsen records/Bsoul, … Alors, c'est que vous vous êtes certainement trompé de blog.


(1) Cet été a eu lieu une fête peu ordinaire à la Fougère, lieu-dit un peu mythique, planqué dans les montagnes de Savoie, au dessus de Chambéry : l'anniversaire des 25 ans du label français Larsen recordz.

(*) Single offert gracieusement à tous les invités présents, mais aussi commandable par correspondance.
Contact : http://www.larsen.asso.fr/news/ln_news.htm


20 sept. 2015

Caméléon records : l'identique accessible.

Dire que Vinyl vidi vici est un site web essentiel, est une évidence, tant cette base discographique consacrée aux singles et eps étrangers en édition française, des années 60 aux années 80 est devenue incontournable depuis sa création il y a environ dix ans.
Un extrait de Vinylvidivici
Claude Picard, à l'aide d'autres collectionneurs, agrémente régulièrement de pochettes scannées en bonne résolution cette base avec le track listing qui va bien.

Mais cet amateur quinquagénaire éclairé, et partageur, ne s'est pas arrêté en si bon chemin, et s'est associé à d'autres collègues pour monter plusieurs labels :


Mémoire neuve, pressages officiels en vinyle de nombreux morceaux inédits de groupes rock français des années 70/80, Vinylvidivici, pour sortir des bandes jamais publiées, et plus récemment : Caméléon records, dont le but est de represser des vinyles déjà édités mais introuvables ou trop onéreux, avec les pochettes originales, juste remaniées en y ajoutant le logo Caméléon.
La production est soignée et la réalisation de la pochette nickelle, faisant de ces réalisations de belles pièces de collection.
Chaque sortie bénéficie aussi d'une page dédiée, avec moult informations sur le groupe, le disque, et de nombreuses photos, en faisant une autre base très intéressante pour les amateurs.

Analyse de quelques références :

 

Les Senders : découvert tardivement avec ce ep, le label Caméléon m'a tout de suite fait très bonne impression. En effet, connaissant ce groupe grâce au Club des années soixante depuis trente ans, j'avais déjà leurs enregistrements, sous diverses formes, mais pouvoir posséder leurs deux ep originaux cultissimes était devenu quasi impossible, pour une bourse de "jeune" amateur non fortuné.
C'est donc avec un plaisir non feint que l'on pose sur la platine ces deux galettes, dont celle du ep le plus culte de ce combo garage de haute volée, avec le fameux titre "Les cheveux longs" en vinyle violet.
Les pochettes sont magnifiques, et le son très clair. Un pur bonheur.
> Il reste des copies. Ruez-vous dessus !

Les nouveautés parues à la rentrée sont deux eps de Eddie Cochran et Chuck Berry, rien que ça, et pas les moindres : les deux premiers en édition française.


 Chuck Berry : 1st ep REU10004/Came20
Posséder un ep original de 1958 du roi du rock est une aubaine, en bon état, et pouvoir à nouveau, grâce à Caméléon, tenir cette belle pochette bleue dans les mains : une certaine jouissance.
Le dessin de cette édition est très 50's, et on retrouve au verso les titres du label London original.
Quant aux quatre titres, je ne vous fait pas l'affront de détailler Rock and roll music, et Roll over Beethoven, présents en face A.
Par contre, pas certain que vous connaissiez aussi bien Blue feeling, et Drifting heart, en face B.
Blue feeling est un superbe petit blues acoustique instrumental et langoureux, qui met tout le talent de Berry en exergue. On est pas là dans la démonstration, mais dans l'émotion blues pure. Un régal pour les amoureux du blues folk.
Drifting heart donne à entendre le côté "îlotier" du guitariste de Saint-Louis. Genre chaloupé et doux, que l'on retrouve sur des titres comme "You Came a Long Way from St Louis" ou ""Jamaica Farewell Song". Un genre moins connu du grand public, mais qui définit néanmoins le style complet de l'interprète.


Eddie Cochran. 1st ep (Liberty/Caméléon) REU1214/Came21
C'mon everybody, Sittin' in the balcony, Summertime blues, 20 flight rock.

Même chose pour Eddie Cochran : Un vrai plaisir que de pouvoir passer un ep "original" sur sa platine, avec pochette "d'époque". Le style de ce guitariste chanteur est si unique et particulier, que pouvoir retourner sur un seul vinyle 4 de ses plus grand succès, tels que parus à l'époque en France est un rêve éveillé.
Le mastering est nickel, et toutes les nuances que l'on peut attendre d'enregistrement de cette époque (réverb..etc.) y sont. Une cerise au goût subtil, et donc un autre incontournable bien sûr.

Les Caves. Olico/caméléon 18266ED/Came16

On ne connaîtrait pas les Caves, et la réalité de cet enregistrement de 1965, on jurerait avec ce 45 tours, être face à une mauvaise plaisanterie. En effet, en dépit du son très chiche, mais assez typique finalement de ce qu'ont pu produire des dizaine de groupes amateurs français dans les années soixante, la pochette elle-même risque de donner des indices négatifs.
L'écriture de Menphis Tenessee, et Rood 66 ne correspond pas vraiment aux titres originaux. A se demander si le groupe lui-même avait vu déjà écrit ceux-ci sur une pochette; s'il s'agit d'un problème à l'impression, (peu probable) ou si l'anglais de ces Caennais était tellement approximatif qu'ils ne s'en sont pas rendu compte. (Plus probable).
Et enfin, le propre nom du groupe : les Caves, qui signifie dans l'argot : "les ratés, les mauvais", tendrait de finir de prouver que ces caves ...en sont vraiment. ;-)
Néanmoins, il ressort de ce quarante cinq tour quelque chose d'assez "frais", avec des versions de classique plutôt dynamiques, une guitare bien en avant, un petit orgue bienvenu sur "Menphis tenessee", et une réelle énergie, une envie de jouer le rock'n'roll qui méritait effectivement d'être mis à disposition des amateurs des années soixante "garage" françaises, du rhythm'n'blues, et des collectionneurs. Le son en général sonne bien garage, et la prise directe du groupe (un peu au loin) est à leur avantage.
La pochette rouge, avec montage photo découpée, quant à elle, bien dans l'esprit de ces rares galettes oubliées françaises, et surtout sur un label méconnu (car régional) finit de rendre à cette rareté son réel statut de pièce de collection.


Les Jerrys
Ep inédit DMF 26434/Came17

Ici, on est en présence d'un ep qui, s'il a été effectivement enregistré et édité à l'époque au niveau de test pressings, n'a jamais été pressé et mis sur le marché.
Remontons le temps : Ce groupe concarnois gagne un tremplin en Mars 1966 et enregistre dans les studios de l'ORTF de Rennes ces quatre titres. Ils resteront inconnus durant plus de 50 ans. (!).
Une pochette est donc concoctée avec le label Caméléon, dans le pur style de l'époque, (et quelle belle pochette, recto comme verso !), et on gagne l'opportunité de découvrir ces bandes d'amateurs.

A l'inverse des Caves, les Jerrys n'ont pas tout à fait le même talent (quelques décalages rythmiques sur Nadine) et la prise de son laisse entrevoir quelques ratés. Ce témoignage (très) amateur amène cependant quelques bonnes surprises, comme sur le titre des Beatles "You can't do that", que l'on reconnaît à peine, tant le tempo est ralenti, l'accent limite, et la guitare trop poussée en arrière. Néanmoins, le chant qui oscille en volume possède un charme certain, et la guitare, qui revient très en avant pour un solo bien garage défrise le titre.
Nadine, très lent et chanté avec difficulté, ne rend que peu hommage à Chuck berry, mais tant pis. Money est très correct, et Bye Bye Johnny s'avère finalement la meilleure prestation du groupe, qui devait ceci dit faire bien émoustiller les demoiselles dans les soirées de l'époque.
Une archive qui ravira les amateurs du genre, et les bretons de tous poils ayant vécus ces années là.

D'autres productions sont déjà disponibles, dont deux lps qui décoiffent : les Degrads, groupe new Yorkais de 1983, (écoutez les extraits, c'est un truc de ouf !), et les Totenkopf, des français ayant enregistrés en Suède un lp dans le genre Stooges. Un ep des Falcons (groupe sixties garage français) est aussi annoncé.
> Restez calés sur la station Caméléon !!

Références :

Caméléon records

Vinylvidivici : http://www.45vinylvidivici.net/

6 juil. 2015

Garage rock fanzines from all over the world (some)


https://flic.kr/s/aHsk9yCeJX

If you love fanzines, I think I have something for you.

...I discovered fanzines via my brother in the early 80's. He was a suscriber at Black and white zine, the newsletter of the Stranglers, and buyed many french zines from the 80's, among Nineteen.
The Flamin' groovie's one showed here, and Bomp were his own.

I guess I began buy and collect personnaly in early 1990, with Larsen, french rock zine, and
Groovy eyes.

That's Groovy eyes that gave me the passion and energy to make my own in 1993.

Before, I created "News" in 1990, then "Here, le zine des sect maniacs".
I did also a comic's one with some pals in 2000, called "Onabok".

Enjoy these photographs, my tribute to all of these creators, cool and energic contributors to the rock and alternative scene.

(Clic on the image to go to the album)



15 mai 2015

Os noctambulos est chez Croque Macadam : ouvrez bien les yeux !

(Et les oreilles surtout !)

Os Noctambulos

Outsider/Watching you
Croque macadam CRM014
Mai 2015

"Outsider" déboule un peu comme un morceau punk rock, et seul l'orgue vintage nous dit que c'est du côté des sixties que les Oiseaux de nuit vont nous attraper. Bien vu, car les Seeds ne sont pas loin. Mais passé l'introduction, on entendrait presque davantage le son 80 's des Asphalt jungle que de la Califormie de 66. Mais quoi ? déjà le petit son aigrelet de la guitare solo nous remet ça et (re)tire vers les vagues..
Bon, vous l'avez compris, même la voix du chanteur ramène la couverture vers le sixties punk.
De toutes façon on s'en fout, il est déjà temps de l'outro à la Seeds.
Bref, une face A qui attaque bien, et reste dans les oreilles : "He's an outsider, yeah yeah yeah '




"Watching you" n'offre qu'assez peu de changement sur le rythme et la mélodie, et on se dit assez vite que la face A tournera plus souvent.

Os Noctambulos, dont c'est la première publication française étonnamment, avec 1 album chez les anglais de Evil Hoodoo (ah tiens, encore une référence aux Seeds ? :-),  et un split chez Stolen Body (Uk too), me font l'impression d'avoir quand-même beaucoup plus soigné leurs précédentes compositions, davantage étoffées et produites, (avec des sons réverbérés bien puissants), que sur ce single de "complément" dirait on.
Il est, à propos de la qualité du lp, assez dur de s'imaginer qu'ils sont parisiens. J'y ai écouté davantage du Others (italien) ou d'autres grands combos 90's garage folk et psych britanniques que des... frenchies. Leur chanteur Nick Wheeldon est néanmoins anglais, ce qui les a fait remarquer là-bas, et les chats ne font pas des (groupes de) chiens.. > Remarquable !

Ils ont ceci dit négocié une très belle pochette dessin sur ce 45 tours, et Croque Macadam, label indépendant parisien que l'on suit un peu depuis le début, et dont c'est (déjà) la quatorzième référence, a le mérite de les faire découvrir.


Je vous encourage donc, en plus de supporter ce single, à mettre vos deux oreilles sur leur superbe lp ci-dessous : "Corsica garden".

> Go for Os Noctambulos !


http://stolenbodyrecords.co.uk/record-label/os-noctambulos-artist/


http://www.croquemacadam.com/

8 avr. 2015

Is Sallie get an outside chance* ? ( 2015 with new line-up.)

Photo : F guigue
Sallie Ford 07 Avril 2015, Riorges (France)

Sallie Ford, petite demoiselle de 28 ans s'est fait remarquer dés son premier album "Dirty radio" (Fargo) avec le groupe les Sound outside en 2011. Un son super sympa très stylé 50's, avec une bonne production.
La voix de Sallie est reconnaissable, avec ses tics et et son timbre à la voix chaude et haute à l'occasion. Elle joue aussi la guitare solo.
Le deuxième album "Untamed beast" (Partisan records) en 2013 remet le couvert et on se dit que cette demoiselle connaît son rock et son roll sur le bout des doigts.

Mais en 2013, patatra : le groupe un peu lassé, se sépare en bon termes (apparemment), et Sallie remonte un combo.. 100% féminin. C'est cette formation que nous avons eu la chance de découvrir à Riorges Mardi soir, à l'occasion de la tournée de leur 1er album "Slap back" (Vanguard, Oct 2014).

Le line up : Cristina Caro (claviers), Amanda Spring (batterie), et Anita Lee Elliot (basse et guitare).
Photo : F guigue

Ce qu'on constate au premier abord, dans la bonne prestation scénique des quatre charmantes, c'est un changement de style : beaucoup plus garage, et avec un orgue Korg continental (et oui, pas encore Vox :-)) en prime. Bref, tout ce qu'il faut pour nous rappeler le bon son des 60's punk originaux,  avec la touche féminine garage revival digne de petites punkettes de Portland (1).

En tous cas, la set list enchaîne les titres avec ferveur, naturel, volontarisme et avec tout le professionnalisme dont peut être capable un garage rock band.  On sent tout de même une base un peu plus "amateur" qu'avec les Sound outside, qui devaient avoir plus d'expérience. En cela, on se demande comment cette nouvelle formation va pouvoir perdurer parmi tous les autres combos du genre aux USA.
Anyway, on ne remarque néanmoins quasiment que des compositions, tirées du dernier album, mais aussi quelques références aux deux premiers.
Un bon moment, commencé en a capella quatre voix, tranquille, puis balancé ensuite sans détours inutiles. Le son de guitare de Sallie est bien réverbéré, avec quelques réglages bizarres un peu synthé par moment, mais dans le ton.. jusqu'à ce que notre belle Anita switche son instrument avec Sallie et balance sur deux morceaux des riffs bien surf. Miam.

Photo : F guigue
Deux rappels, dont le "About a girl" de Nirvana, petit hommage à la scène Sub pop des 90's (Seatyle est pas loin de Portland) concluront la soirée :-)
Les vinyles et deux belles affiches étaient là pour faire le bonheur de quelques amateurs quadragénaires.

(1) Personnellement, je n'ai pu m'empêcher de penser aux Hentchmen de Detroit durant ce concert. Et ça, c'était plaisant.  (http://www.hartzine.com/on-y-etait-the-hentchmen/)


(*Ce titre fait référence à la chanson "Outside chance" d'un single des Turtles de 1966, et au fait que le premier groupe de Sallie se nommait the Sound outside.)

> Accéder à l'album photos (d'autres clichés)

> A voir et écouter : trois morceaux live de la formation et une interview de Sallie.
(Désolé, mes propres vidéos ont saturé :-()

23 févr. 2015

Dancing Barefoot with Shayna Steele (Live Satellit Café, France 20/012/2015) plus quelques notes sur "Rise".


Photo : Laureline Guigue
Grosse affluence samedi soir au Satellit café, pour Shayna Steele, chanteuse américaine* métisse, dont c'était le deuxième passage.
Accompagné de quatre musiciens impeccables (1), elle venait présenter son dernier album Rise (Ropeadope). 13eme date sur 20 programmées en Europe (dont seules trois en France !), avant de repartir pour les USA via l'Indonésie.
Une artiste au statut international, donc, qu'il ne fallait pas manquer. Shayna Steele a déjà en effet une belle carrière derrière elle, avec des participations à diverses tournées ou spectacles : chant avec les Dynamites dans la comédie "Hairspray" adaptée du film de John Waters (2002-2009), participation à trois albums de Moby dés 2005, ("Hotel, last night" et le titre "Extreme ways/Jason Bourne"), spectacle de Bette Midler "Show girl must go on", 2008"), tournées avec Rihanna (2011 et 2014)…

En 2004 elle sort son premier Ep réalisé avec son collègue (et mari depuis) David Cook, suivi en 2009 par son premier album : I'll be anything (Highyella lowbrown Rec).
Son sylve Jazz moderne est alors déjà bien marqué par une voix Soul chaude et énergique. les cuivres et les guitares sont bien présents (cf "You didnt").  On y trouve aussi le groove de chanteuses telles Jill Scott ou Lizz Wright.

Si Rise, son nouvel album, commence très doucement, avec une ballade (maternelle ?, elle a deux jeunes enfants), c'est sa superbe voix que l'on remarque immédiatement. Elle donne sa pleine mesure dés le troisième titre avec "Everything's crying merci". Là; le meilleur de l'Acid jazz revient à nos oreilles, avec un groove et une puissance digne des plus beaux moments du fameux label 90's.
Mais cet acid-jazz là est beaucoup imprégné de Soul et de force, plus que n'importe quel autre, et "Gone under" nous en donne à entendre une belle marque. La vidéo live du titre sur son site démontre à quel point la chanteuse et son groupe savent retenir et donner de la puissance. C'est d'ailleurs ce titre qui m'a poussé à venir au concert .

"Grandmas hands" a ce "je ne sais quoi" de sudiste et de blues Soul qui rattache Shayna à ses racines, et à certaines de ses grandes influences (cf Aretha Franklin).
 "Coulda had me" quant à lui évoque aussi bien Carole king/Aretha Franklin ("You Make Me Feel Like A Natural Woman"), que Sinnead O connor ( "Nothing compares to you"), ou les Jackson five ("Blame it on the boogie") :-) ... pas mal comme références ?
Paper bag, Hyde Park, Teardown, proposent quant à eux un jazz vocal chaud et bien produit, et "Wear me down" le 11e titre démontre le plein potentiel live nerveux de l'artiste avec un genre sudiste à la Muscle Shoals au mid tempo bien appuyé.
Néanmoins, à part ce titre et "Gone under", cet album ne reflète pas vraiment ce que le groupe peut proposer sur scène.

Au Satellit, l'heure et demi de show, scindé en deux parties n'a laissé place à aucun temps mort. Energie, émotion, implication scénique, sympathie, Soul, Blues, ont dominé; Shayna finissant pied nu (barefoot) pour interpréter justement ce "Wear me down", car elle "veut sentir ses racines, la terre du Missisipi".

> Une artiste à voir absolument en live donc, garantissant un show de haute volée mémorable.
Merci au Satellit pour ce moment magique.
 

(*) Shayna, né d'un père noir et d'une mère blanche à grandit en Californie, puis Oklahoma, avant de passer sept ans en Allemagne dans une base militaire, puis vivre son adolescence dans le Mississipi avant de rejoindre New York plus récemment.

(1) Le groupe :
David Cook - piano/rhodes/b3
Robin Macatangary - guitar (3, 4, 5, 6, 7, 8, 11)
Christian McBride - bass (1, 2, 5, 10, 11)
Eric Harland - drums