6 août 2010

He came a long way from St Louis too

Et où les belles chroniques de singles de certains blogs "amis" me remettent le goût à piocher dans ma collec.
Aujourd'hui :


Eddy Mitchell présente les rois du rock :
"CHUCK BERRY A LONDRES"
My little love light/You came a long way from St Louis/Jamaica farewell/I want to be your driver

Barclay, licence aristocrat 70858 Medium

Ce ep est tiré de sessions enregistrées à Londres et parues sur label Chess en 1965 à l'origine (cf. la référence du lp sur : both sides now)

J'ai trouvé celui-ci par hasard dans une brocante (en dur) route de Villemontais à Roanne en 2001 si je me souviens bien. Un copain m'avait indiqué cette adresse assez peu connue pour trouver des vieilles bandes dessinées, et le jour où je me suis présenté le gérant avait un stock de vinyles que personne s'emble t-il n'avait eu l'occasion de regarder sérieusement. 33 t et 45 t de Ike and Tina Turner, Beatles, Four tops, Dutronc, James Brown...se cotoyaient allégrement dans des bacs, bien rangés et à petits prix, et le patron faisait encore 50% sur tout, pour s'en débarrasser. (!...) Le stock provenait d'après lui d'un disquaire de Vichy qui venait de fermer.
Quelle aubaine.
J'ai déjà eu l'occasion de poster un single trouvé là bas lors d'une précédente note (cf.
les Human instincts).

Ce ep de Chuck Berry m'est très cher parce qu'en plus de sa très belle pochette, (et la fameuse collec d'Eddy), il offre des morceaux assez étonnants (pour ceux qui ne connaissent de lui que les classiques on va dire), et mis à part l'excellent "I wanna be your driver", très Rnblues, que je connaisais à l'époque surtout par la version des Blues project sur leur magnifique lp "live at the café à gogo", les trois autres titres sonnent étonnemment exotique, sur des rythmes chaloupés, faisant ressortir le côté "africain" du guitariste/chanteur.
"Jamaica Farewell" est signé Irvin Burgess, tandis que "You came a long way..." est signé Books/Russell.

Quand on sait ce que St Louis représente pour Chuck Berry, dont les grands parents avaient été vendus comme esclaves là-bas (cf. le docu "hail hail rock'n'roll"), cela rend ce titre particulièrement émouvant, malgré son côté plutôt dansant.

- You came a long way from St Louis :





15 juil. 2010

Nuits Brooklyn à Fourvières, Lyon 12 Juillet 2010 : "we learned the hard way"

Yes, under the rain, baby !
But it was soooo cool !

...Premier concert dans le superbe théâtre romain de Lyon Fourvières pour moi, mais cette fois-ci, en amateur de Soul/funk, je ne pouvais louper, LE concert de Sharon Jones & the Dap kings.
Sous la pluie, le public d'abord éparpillé à ensuite attendu sagement en dehors de l'enceinte puisque la scène a du être adaptée aux conditions météo (!!...) avant d'être autorisé à s'installer dans le théâtre, ...certains occupant la "fosse" systématiquement afin d'être aux premières loges.
Le théâtre offre une capacité importante et les places assises en face de la scène sont bonnes.
Celle-ci avec ses colonnes antiques en guise de décor est vaste et bien protégée.

.. Après quelques minutes d'attente très humides (tout le monde en poncho), c'est un trio qui s'installe, sans se présenter, et qui délivre un set plutôt étonnant,. La jeune chanteuse longiligne et frisée mène son groupe, guitare en bandoulière, dans un genre vocal pas très éloigné de Bjork, tandis que l'atmosphère générale un peu féérique (cf. le titre : "The strangers") rappelle les délires de Sufjan Stefens et le jeu de guitare tiendrait plus de la mouvance punk .
Ce sont en fait les Saint Vincent qui ouvrent le bal, mais on ne le saura que bien plus tard.
Ils sont rejoint en fin de set par les parrains de la soirée : The National, qui viennent accompagner le groupe sur un morceau.
Un album "Actor" disponible sur 4AD
http://www.myspace.com/stvincent

Sur le même plateau et toujours avec un peu de pluie (une averse quasiment à chaque entrée de groupe), arrivent ensuite assez rapidement The Dirty projectors. Mené par un grand échala (David Longstreth), le groupe via la coloration de voix et l'attitude pop de ce leader chanteur guitariste me fait l'impression d'un mix entre les Weather prophets qui auraient rencontré Television.
Au fil du set qui se déroule, la grande qualité de composition et d'organisation du groupe se révèle. Le duo de voix très étrange assuré par les deux chanteuses (dont une guitariste) sonne très asiatique (mongol ?), tandis que la coloration musicale renvoie aux Talking heads des débuts. Mix de délire instrumental, de pop expérimentale, de world...
Le jeu de guitare est délirant,... c'est assez indescriptible, et cela laisse très crédules (pour ne pas dire énervés) les spectateurs les moins ouverts.
> Album Bitte orca (Juin 2009 sur Domino









Puis c'est au tour de The National, directeurs artistiques du festival . On est impatient de voir le clou du spectacle, ie : Sharon Jones, mais les concurrents directs de Deus (même son, même atmosphère) installent leur ambiance tranquille, juste après que leur guitariste se soit fendu d'un speech en français pour résumer la thématique de la soirée et remercier les organisateurs et les groupes présents.

Si la musique semble inébranlable, ce n'est pas le cas du grand chanteur : .. qui est apparemment un peu trop copain avec le rosé local, et qui titube sur scène, réussissant quand même à assurer ses texte et sa voix.
Voix qui me rappelle beaucoup... celle de Kurt Wagner, chanteur de Lambchop.
Beaucoup de colorations "déjà vu" donc, ...aussi je ne m'étendrai pas plus.

Puis... alors que le temps semble se stabiliser.... un changement de plateau complet s'opère... il est environ minuit passé.

Enfin, après quelques sifflets et applaudissement d'encouragement ...les Dap kings entrent en scène et lancent le show.
Musique d'introduction d'extraits de titres de leur répertoire (déjà 4 albums), scandé à chaque fois par le guitariste Binky Griptite, master of ceremony.
Puis dans la grande tradition soul/funk chère aux prestations de James Brown, c'est au tour de Sharon Jones de se présenter
Et là... le spectacle peut commencer.
Que dire...si ce n'est que les albums de ce groupe sont formidables et qu'il n'y a rien à jeter au niveau prestation scénique.
Miss Jones remue ciel et terre et donne tout, en voix comme avec son corps, qu'elle remue dans tous les sens, (peut-elle s'en empêcher ?)
Elle la d'ailleurs mis en scène dans un morceau où elle explique comment tout bouger, des pieds à la tête.

Un chanceux a pu en profiter dés le deuxième morceau lors d'une ballade, lui qui a été monté sur scène pour partager le blues de notre miss soul. Jeune homme en costume noir et grande cravate rouge, apparemment très fan.. il ne s'est pas démonté et a assuré aussi son show. Grande classe et ... quel souvenir pour lui on imagine !

Une bonne heure et demi de concert, rappel compris, et un lancer général de coussins (c'est la tradition) pour acclamer les Dap kings, repartis comme ils étaient arrivés, en instrumental.
Ah oui, on s'est vu offrir lors du premier rappel le : "Reach out, i'll be there" des Four tops, avec un beau solo de saxophone alto.

Magique ! Assister à in concert comme celui-ci en 2010 relève du miracle tant on croirait voir James Brown en 1964 !
...Dommage que je n'ai pas pu prendre de photos.

En voilà néanmoins une provenant d'un autre concert du mois de Juin aux USA où Sharon portait la même robe verte à franges blanches que ce soir là. Merci à Amber Gregory A voir ici !

Enorme !
> Le site officiel
Et : un blog pour écouter, voir pas mal de documents...

Plus...la chronique du dernier album "I learned the hard way" sur New Kicks blog

30 mai 2010

More photos from Kreisky !


Photos : CC : Hectorvadair (live Europa vox 23052010)
Perhaps more on the way on Flickr's Hectorvadair account

29 mai 2010

Peter Doherty : Grace ! (live Europa vox 2010)

A Clermont ferrand, Pete Doherty a été généreux, et quelques bons titres classiques des Libertines ont été joués, en plus de son excellent dernier opus "Grace".
Ses albums avec les Libertines m 'avaient enchanté dés leur parution. Mélange de punk rock maîtrisé et d'esprit pop. Son expérience Baby shambles ressemblait plus à une transition.. même si "Shotter's nation" contient de très bons moments...
N'empêche, "Grace" m'a emballé de bout en bout dés la première écoute, et j'avoue qu'il y a longtemps que je n'avais pas vu personnellement de songwriter aussi jeune et aussi doué.

Aussi, pour partager mon enthousiasme, à écouter ce soir sur Action-time et nul part ailleurs : 4 extraits live de ce concert mémorable :

Pour les reprises des Libertines : La superbe face B du single (Us)) "Can't stand me now" : "Dilly boys", et "What katie did", l'hommage à Kate Moss.
puis : "Salome" et "Last of the english roses" de l'album "Grace"

Peter, you're the best of the dilly boys !

Dilly boys :





What Katie did :






Last of the english roses :






Salome :






Une petite vidéo de l'ouverture du concert (merci à Adrideoforever) :

26 mai 2010

Europa vox, festival Clermont ferrand, 23 Mai 2010 Coopérative de Mai

Regroupé cette année sur quatre jours, du 20 au 23, ce mixe de musiques européennes, chant, rock, hip hop...avait de quoi séduire. Notre visite n'a concerné cependant que le Dimanche, afin de capter l'enfant pas sage (mais gracieux) d'Albion, j'ai nommé Pete Doherty. Un petit peu angoissés en l'attendant (il est habitué des annulations ou frasques diverses), on croisait les doigts. L'ouverture de la soirée s'est faite à l'heure (19h30) avec Joensuu 1685, combo islandais d'Helsinki, qui, si on se réfère à leur Myspace délivre une musique electro rock d'assez bonne facture. Mélange de Deus, et de Pop fleurant bon le psychedelisme mancunien des années 90 ("Walk on water"). Myspace, dis-je, car malheureusement pour nous, l'organisation avait oublié de préciser qu'il y avait deux scènes, et qu'il fallait se déplacer dans la petite coopérative pour voir et entendre le groupe. Le public déjà installé en avance dans la grande salle n' a donc eu que le son diffus des islandais par derrière la musique d'ambiance. Too bad. A vingt heure quinze se sont installés les Kissaway trails (Danemark). Immédiatement, le jeune groupe masculin a pris possession de la grande salle avec une musique englobante, faite de chant à plusieurs voix, de napes discrètes de synthé, d'une mandoline, d'une guitare et d'une batterie à la rythmique très sec et syncopée. Pale saints ?... House of love ? Spacemen 3 ? Les meilleures moments de ces groupes de l'aube de 90's me sont revenus à l'esprit. Le set s'est terminé sans bavure sur un final très noisy, après un titre chanté en danois, le groupe sortant sous les applaudissement frénétiques. Une belle découverte. Puis sont arrivées les Plastiscines. Françaises de l'étape, on attendait beaucoup d'elles, surtout après le bon set des Danois. ... Au delà des polémiques liées à la fréquentation des seules petites salles parisiennes, qui amène trop régulièrement certaines revues à mélanger critique et copinage, on se demande comment un tel groupe a pu aller enregistrer un deuxième album à Los Angeles (et en revenir). Car leur set a été la limite de la parodie, et ce n'est pas leur reprise de "I love rock'nr'oll" qui a permis de relever le niveau : Un jeu de batterie lourdingue, qui ne fait pas du bien au peu de mélodie qu'on entrevoit à travers le gimmick rock has been que le groupe nous sert. Une guitare leader de très faible niveau, un chant quasi inexistant et aux paroles enfantines... Un seul titre sauve la playlist : "Barcelona": "Barcelona", (leur dernier single en date) qui développe une mélodie et plusieurs break pas inintéressants. Ca sera l'unique bon moment. Le public était quasiment unanime pour dire que Les Plastiscines doivent davantage bosser si elles veulent offrir quelque chose de plus que ce que des centaines de groupes provinciaux proposent, en cinq fois mieux. La messe est dite. Les roadies ont ensuite retiré le plateau et installé un ampli couvert d'un Union jack, le tout accompagné d'une bouteille de rouge et d'un verre à vin. Ex Libertines et Baby Shambles, le leader à la bouteille (et au petit chapeau) a décidé de raconter depuis peu des histoires, seul à la guitare avec son dernier album "Grace" sorti en 2009, et ça lui va très bien. Arrivé en trébuchant légèrement (gimmick ?), Mr Doherty ne s'est cependant pas moqué du public. Alignant les très bons morceaux de son dernier album, avec la rigueur que cela demande, il a réussi à installer une belle ambiance, voire une complicité. Accompagné par deux belles danseuses classiques sur les ballades, virevoltantes à ses côtés, manipulant deux autres Union jack, ce petit décalage a apporté un petit plus scénographique à sa seule présence pourtant déjà suffisante. Un ou deux titres des Libertines en sus, une nervosité et un à propos sur l'ensemble des titres (tendresse ou violence) on permis à l'anglais de passage d'asseoir encore plus sa réputation et son statut de grand. Très bon concert d'une heure. La soirée s'est terminée dans la Petite coopé, avec Kreisky, d'Autriche. Tout de noir vêtus, avec complet veston et petite cravate, le quatuor a tout de suite pris le contact oral avec le public encore présent (petite coopé pleine) avant de balancer son punk garage de manière très violente. Waouuh ! Que dire si ce n'est que l'esprit de la scène berlinoise (ou cold mancunienne) des années 80 m'est personnellement revenu en pleine poire, avec des réminiscences de Birthday party, des Joy divison, et de tout ce que la culture germanique en terme de symboles politiques revendicatifs peut suggérer. Guitare, basse, orgue, batterie, tout est carré et rentre dedans, avec un chanteur habité et motivé que l'on prend plaisir à voir se déhancher de manière théâtrale. Un titre français (chanté en allemand) : « Olympic Marseille » (?) ne m'a pas permis de comprendre le sens du texte. . ...Apparemment révélation de l'équipe du festival, qui parle de Hives ou de Sloy à leur sujet. Je suis d'accord. "Wild" en tous cas. Great, et motivant. Fin des hostilités. Photos : Hectorvadair Pete Doherty "Grace" on Deezer Kreisky Kissaway trails Joensuu 1685 Plastiscines

10 mai 2010

Angil & the hiddentracks : the and (et concert au fil : 06 Mai 2010)

You've got to live up to what you love !

Chroniquer un album d'Angil n'est jamais chose aisée, car ce groupe ne choisit pas la voie de la facilité.
Depuis maintenant douze ans Michael Mottet se fait un plaisir d'essaimer ses textes mélancoliques et poétiques engagés au sein d'albums autant exigeants au niveau musical.
Ce traducteur d'anglais nous offre des paroles effectivement très au dessus de la moyenne et pour peu qu'on prenne le temps de les lire, on est émerveillé par une oeuvre flottant bien au dessus du panier.
D'ailleurs c'est sans doute pour cela qu' Angil & the hidden tracks sont aussi respectés par leurs pairs dans le monde entier. On citera les divers partenariats qui ont été engagés dans cet album : Francoise Breut, Raymonde Howard, Half aslpeep, Jim Putnam ( radar bros), Laeitita Sadier (Stereolab), Emma Pollock, Brigite Vautrin... qui prouvent s'il le fallait, combien Angil est apprécié à l'intérieur et au dehors de l'hexagone. Normal pour quelqu'un qui n'hésite pas non plus à célébrer ses héros au sein même de ses chansons ("Jackson Redding Jr)

En dehors de ces considérations, on remarquera des sensations musicales empruntées à une large palette culturelle, allant de John Cale, en passant par Robert Wyatt, Kevin Coyne, le free jazz, des accents de The Fall dans les aspects les plus "punk" ("Lipograms") et puis toute cette influence et culture Pop alternative (Pavement !) bien marquée par les apports vocaux de tous les invités (Jim Putnam, Laetita Sadier...etc)
"The and", qui développe tranquillement une analyse philosophique, puisqu'empruntant entre autre à des textes de Gilles Deleuze est effectivement un album plaisant et exigeant, mais c'est toute sa problématique. Car cette exigeance intellectuelle qui a toujours été le point commun des albums d'Angil, pêche peut-être (sur scène ce soir) par un petit manque de coordination musicale des Hiddentracks. En effet, l'apport jazzistique indéniable mériterait sans doute davantage de maîtrise sur certains aspects en relevant, ce qui n'est pas encore tout à fait le cas, les musiciens venant plutôt, on le devine et on le ressent, de l'univers pop rock.
Car Michael, et on le remarque bien sur scène tout comme dans l'importance de ses textes a conquis petit à petit un statut de réalisateur; et ses oeuvres musicales pourraient quasiment être considérées comme des films*. A cet égard, tel un réalisateur, il reste aux commandes, orchestrant le grand oeuvre, dont les acteurs mériteraient cependant à certaines occasions d'être davantage investit.

Mis à part cette critique bien désuète, qui peut néanmoins dans le cadre des entrées ou sorties de cuivres par exemple ou sur le réglage de la batterie à certains moment se révéler un peu gênante voire frustrante, et le fait que les belles voix du disque ne se retrouvent pas sur scène, on accueillera avec tout le respect qui lui est dû ce nouvel album et tout l'univers qui l'entoure, car celui-ci offre de très bon moments mélodiques.
...Merci Angil pour porter la pop aussi haut.



Ps : Je me souviens avoir visité l'exposition "Bande dessinée finlandaise" au festival d'Aix en Provence il y a deux ans, et je me fais la réflexion à l'écoute de "The and" que ce nouvel album aurait pu en offrir une parfaite bande son.
(Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.)
...En parlant Bande dessinée, on soulignera au passage (une nouvelle fois ?) l'excellente collaboration qui lie le groupe et
Guillaume Long, illustrateur stéphanois, depuis déjà de nombreuses années, et qui est à l'origine de superbes jaquettes et affiches. Sur "The and", Guillaume est associé à Nancy Pena, et leurs deux styles se complètent à merveille, mettant parfaitement en valeur les ambiances chantées du groupe. (Bonus !)

(*) Angil n'hésite en effet pas à accompagner "live" à l'occasion certains films muets, comme cela a déjà été le cas pour un classique de Murnau. Murnau que l'on retrouve cité dans "Sail home", chanté en duo avec Jim Putnam.

> Angil & the hiddentracks "The and" (We are unique records) sorti depuis le 05 mai.
http://www.myspace.com/angilandthehiddentracks
On peut écouter l'album en intégralité sur Deezer

Et l'acheter chez CD1D (support your local dealer)